ƒ Midnight Oil | Carnet de vie

Midnight Oil

A l'occasion de la nouvelle édition de leur album-culte "Diesel and Dust", quelques mots sur mon groupe fétiche.
Ils ont bercé les passions et les rêves de mon adolescence, éveillé ma fibre écologiste naissante. Ecouter leurs chansons, c'est s'animer de tout leur enthousiasme sincère, l'intensité de leur révolte, la ferveur de leur engagement. Avec "Beds are burning", on se sent l'âme d'un Australien rangé à la cause des Aborigènes, enflammé par "The Dead Heart", on donne son coeur à la Terre, touché par "Put Down That Weapon" on est aussi cette voix triste qui appelle à déposer les armes. Une oeuvre riche, intemporelle, transcendante. Le Rock engagé a trouvé ses lettres de noblesse dans ces chansons, portées par la force brute des déserts d'Australie et l'intégrité d'une nature puissante et belle, qui garde l'âme de ceux qui l'aiment, pure et vraie.




Article de Forces Parallèles :

En 1987, Midnight Oil bouleverse le paysage rock australien.

Après s’être impliqué dans les campagnes de préservation de la forêt tropicale australienne et après que son écologiste de chanteur (Pete Garrett) ait mené campagne pour le désarmement nucléaire, Midnight Oil s’intéresse en 1986 à la condition des aborigènes d’Australie. Au terme d’une tournée avec le groupe The Aborigenal Warumpi issu du fameux « bush » australien, le combo de la banlieue de Sydney enregistre Diesel and Dust, un concept album à la gloire des aborigènes victimes d’un génocide (en Tasmanie notamment). A travers un rock classique animé par la colère et la tristesse, Midnight Oil est plus engagé que jamais et fait grincer des dents dans les hautes sphères politiques locales.

L’incisif tube interplanétaire Beds Are Burning ouvre les hostilités. Le morceau distille un rock idéal : mélodies exaltantes au refrain entêtant, mais aussi tempo annonciateur d’un album saisissant de sincérité et sans concession. Le morceau s’attelle à dénoncer les problèmes liés aux holdings ne respectant pas le patrimoine des aborigènes. Tandis que Put Down That Weapon, Arctic World et Whoah apportent une pointe de mélancolie, Dreamworld, Warakurna et Bullroarer débordent d’exaspération, chacun se disputant la place de refrain le plus accrocheur. Finalement, The Dead Heart semble bien se distinguer dès l’amorce du morceau. Cette magnifique pièce composée pour les besoins d’un documentaire est aussi la plus longue de Diesel And Dust en dépassant timidement les cinq minutes. Ce cœur meurtri célèbre le retour du fameux Ayers Rock à ses propriétaires aborigènes. Lourd de sens et d’espoir... Fidèle à l’ambiance de l’album, Sell My Soul reste passablement polémique et expose le problème du progrès technique des grandes villes au détriment des fermiers de l’Australie profonde. Dans Sometimes, les bureaucrates sont comparés à des cannibales, sur fond d’un rock rondement mené aux accents empruntés aux américains de REM. Enfin, Gunbarrell Highway termine cet album en beauté et décrit l’autoroute du même nom menant la civilisation vers le désert australien. En outre, on trouve quelques fantaisies ici et là à l’image de ces quelques orchestrations sur Arctic World ou encore l’intervention d’un didgeridoo dans Dead Heart, appuyant efficacement l’atmosphère propre au morceau : alors que le premier se love dans une ambiance feutrée matérialisant les déserts froids, le second symbolise l’intégration de la culture aborigène dans un contexte musical passablement occidentalisé.

Autant dire que ce Diesel And Dust est quasiment un best-of à lui tout seul et pour preuve : quinze ans après la sortie de la galette, prés de la moitié des titres étaient encore systématiquement interprétés sur scène. De part en part, touchant, révolté, renversant et bouleversé, ce sixième album studio connaît un accueil mondialement impressionnant. Mené avec maestria par un chanteur à l’empreinte vocale reconnaissable entre toutes, bien que non innovant, Diesel And Dust est un album de rock poignant, mais surtout authentique, profond et instructif pour peu qu’on s’intéresse aux engagements tellement estimables du groupe : le message véhiculé dans cet album trouve d’ailleurs une résonance assourdissante tant l’enjeu écologique et humain est grave et omniprésent.

Voir leurs vidéos sur le site officiel

En novembre 2007, Peter Garrett, leader du groupe, devient ministre de l'environnement au gouvernement Australien à la suite de la victoire de son parti politique travailliste l'"Australian Labor Party' (membre de l'Internationale Socialiste).

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