ƒ La vie est belle (It's a wonderful life) | Carnet de vie

La vie est belle (It's a wonderful life)


« Toute vie a de la valeur parce qu’elle influence celle des autres »

La vie est belle (It's a wonderful life) est un film américain de Frank Capra, sorti en 1947

L'Histoire

Bedford Falls, petite ville de l'état de New York, la veille de Noël. De chaque foyer s'élève une prière. Les paroles murmurées avec ferveur concernent toutes le même homme — George Bailey —, qu'elles proviennent de la bouche de son épouse, de ses enfants, de ses amis et collègues... et de manière générale de tous ceux qui tiennent à lui. Les prières vont être exaucées et un ange est envoyé au secours de George. Avec lui, nous revivons les années écoulées dans la vie de George.
Ayant renoncé à son rêve d'enfant de devenir explorateur, pour reprendre la banque de son père, il a toujours consacré son énergie et son argent à l'amélioration des conditions de vie des habitants de la ville, en luttant contre le désir de puissance d'hommes d'affaires sans scrupules...
(Source Wikipédia)



Critiques

Sur la base de "on ne prête qu'aux pauvres" Frank Capra réalise un chef-d'oeuvre touché de bout en bout par la grâce. L'ambition de George Bailey, qui consiste à voyager et à vouloir bâtir des villes, se trouve stoppée par la mort de son père. Il doit assurer la continuité de l'oeuvre. Il assume ce rôle plus par amour pour son père que par vocation. Cette vocation, il la découvrira peu à peu. Son évolution psychologique est finement analysée, assortie de considérations morales sur l'altruisme. Aucun être humain n'est un raté, nous dit Capra. Et de faire intervenir l'ange gardien de George (scène la plus forte) qui lui montre comment son existence a permis d'éviter d'autres détresses. L'apothéose se situe à Noël avec toute la famille et toute la ville. Un feu d'artifice, une oeuvre qui nous prouve le génie de Capra.

Olivier GAMBLE (Guide des Films, Collection Bouquins/Robert Laffont)



"De tous les rôles qu'un acteur peut avoir à interpréter, je crois que le plus difficile est celui d'un brave type qui ne sait pas qu'il est un brave type, raconte Capra dans ses Mémoires.
Lorsqu'il cherche cet oiseau rare pour La Vie est belle, il va droit vers monsieur Smith : James Stewart. George Bailey est sans doute le plus beau rôle de James Stewart. Entre désespoir et drôlerie. Entre sensibilité et sensualité (sublime scène où le front contre celui de sa femme, troublé, le souffle court, il finit par la prendre dans ses bras et lui avouer enfin son amour).
La guerre est terminée, Capra renoue avec ses croyances : l'homme contre la machine (financière ou politique), le système D contre le système tout court, l'amour et l'amitié contre la cupidité et le profit. Un tube de vitamines, un bain de jouvence. Rien que du bonheur...
Isabelle DANEL (Télérama)





Capra met incontestablement en scène un personnage sacrificiel ; tout au long de sa vie, il a en effet accompli nombre de dévouements pour redonner espoir à ses concitoyens au détriment de son existence même : dès son plus jeune âge le sauvetage de son frère cadet, Harry Bailey, lui vaudra la perte de l’ouie de son oreille gauche. Cet altruisme débordant va même jusqu'à constituer un frein à ses ambitions lorsque ce même frère, devenu plus vieux et qui sera d’ailleurs bien plus tard couvert de gloire, part pour l’université, contraignant ainsi Georges à reprendre l’entreprise de prêts et construction. Même la guerre ne suffira pas à l’éloigner de ce lieu définitivement clos, sa surdité l’empêchant de faire l’objet d’une quelconque mobilisation. En étant le temple qui le retient prisonnier, Bedford Falls agirait sur lui telle une force oppressante souhaitant à tout prix conserver le gardien de ses portes. La vie de Georges Bailey est ainsi faite : sans cesse motivé par sa générosité viscérale, il oublie de vivre pour lui et laisse sur son passage une foule d’actes manqués.




Le scénario, quant à lui, reprend l’éternel lutte de David contre Goliath, véritable leitmotiv de l’œuvre du cinéaste. Comme dans Mr. Smith au Sénat, son illustration s’effectue au sein même d’une histoire à la tonalité politico-sociale (cependant moins marquée que dans le film suscité) : le jeune héros ayant reçu l’héritage idéaliste de son père est confronté à l’hégémonie du despotique Henry Potter interprété par le glacial Lionel Barrymore, qui travailla déjà avec Capra dans l’une de ses plus belles réussites : Vous ne l’emporterez pas avec vous. Potter incarne parfaitement la mainmise du capitalisme "sur les petites gens", et la lutte qu’il entretient avec les habitants de Beford Falls permet au réalisateur de dresser le constat du clivage social existant entre laissés pour compte et privilégiés. Mais point d’apologie du socialisme ou autre manichéisme chez Capra ; il se contente simplement de dénoncer les effets pervers de tout un rouage économique en étayant son propos d’une véritable objectivité doublée d’une prise de distance nécessaire, ce qui n’était pas forcément évident lorsque l’on connaît l’amour du cinéaste pour son pays d’adoption (Capra est d’origine sicilienne). La démocratie qu’il nous présente va à l’encontre de ce qu’on lui a reproché : les politiciens sont cupides, véreux et ne sont motivés que par le pouvoir, un portrait de la bannière étoilée finalement bien loin d’être reluisant.
(...)
La réussite de toute cette alchimie réside certainement dans la capacité qu’a Capra à varier les tons, l’expression "passer du rire aux larmes" trouvant en effet ici tout son sens. Une séquence illustre parfaitement ce mélange, celle où Georges et Mary, l’amour de sa vie, effectuent une promenade romantique et poétique au clair de lune en chantant le célèbre Buffalo Gall (thème parcourant le film) : elle suit en effet la séquence jouissive du concours de charleston, imprégnée d’une frénésie burlesque renvoyant directement au précédent film de Capra : Arsenic et vieilles dentelles et précède celle de l’annonce du décès du père ; le calme avant la tempête en somme. Avec une grâce et un brio déconcertants, La Vie est belle créé au final une symbiose parfaite entre des tons et genres radicalement différents ; c’est à se demander si Capra n’est pas l’un des maîtres dans l’art d’allier cette recette indubitablement efficace à une analyse toujours aussi fine des personnages et de leurs sentiments. Nous retrouvons d’ailleurs cette constante dans la filmographie même du cinéaste qui est passé des films inscrits dans la grande tradition des comédies américaines (Blonde Platine, New York-Miami) à des histoires où le pessimisme prédominait (L’Homme de la rue, Mr. Smith au Sénat). En cela et également dans ses thèmes, La Vie est belle synthétise toute les préoccupations de l’œuvre antérieure de Capra.
(...)
Capra garde malgré tout une croyance immodérée en l’homme ; avec La Vie est belle, il a fondamentalement réalisé un film sur la foi et toutes les phases de sa (re)construction. Pour traiter de cette valeur, une nouvelle fois typiquement américaine, Capra utilise une idée simple mais toute aussi lumineuse en dotant le film d’une dimension fantastique qui lui sied à merveille. L’arrivée de l’ange Clarence, envoyé du ciel, permettra à Georges Bailey d’assister aux effets de son inexistence et voir ainsi les ravages qu’elle aura occasionnés chez les autres. Il prendra petit à petit conscience du caractère fondamentalement bon et utile de ses actes. Au fil de ce récit, il retrouvera un désir ardent d’exister, pour lui et les autres, et c’est là que débute une euphorie grandissante pour le personnage mais également pour le spectateur, une véritable renaissance qui trouve sa culminance dans la scène du pont, véritable tournant de la dernière partie du long métrage. La grande force de cette évocation réside dans le fait qu'elle ne se borne pas à la simple foi religieuse (qui n'entre d'ailleurs même pas en compte, et ce malgré les différentes figures renvoyant directement au sacré qui parsèment le film : la cloche, l’ange, les prières et même Dieu). Le film ne tombe d’ailleurs pas dans l'écueil qui consisterait à mystifier la figure angélique mais emprunte précisément le chemin inverse ; l’ange Clarence Oddbody n’a rien de candide : il est bedonnant, boit comme une éponge et n’est plus de toute première jeunesse ! Par cette pirouette scénaristique, Capra ne manque pas de montrer que la vie d’un homme est liée à celle des autres et ainsi de prouver que chacun de nous a un rôle à jouer en ce bas monde. Il laisse transparaître une autre idée, celle de l’éthique d’une certaine responsabilité liée à l’influence qu’exercent nos actes sur l’existence des autres.
(...)
Véritable tragédie optimiste, La Vie est belle est un de ces films s’adressant directement à nos affects les plus intimes avec une magie indéfinissable ; gageons que son élan d’humanisme et de vitalité continuera à enchanter les générations à venir !


La Vie est belle est le premier film produit par Liberty Films, la société de production créée par Frank Capra à la fin de la seconde guerre mondiale. Il nous conduit à Bedford Falls, une petite ville sans histoire des Etats-Unis, où l'on fait la connaissance d'une galerie de personnages en culotte courte : parmi eux figurent George et Harry Bailey, Sam, Mary, Violet et Marty. George est le plus charmant et le plus généreux d'entre tous. Il est aussi le plus rêveur. Plus tard, il s'imagine explorateur et marié à une multitude de femmes (au désespoir de Mary, secrètement éprise de lui). Mais quelques années plus tard, le décès de son père l'oblige à reprendre l'entreprise familiale de prêts à la construction, qui permet aux plus déshérités de la ville de se loger. Il abandonne ainsi ses rêves d'évasion pour se mettre au service des autres (contrairement à ses proches, qui s'envoleront aux quatre coins du monde). Tout semble lui sourire dans un premier temps. Les affaires prospèrent. Il fait un mariage heureux et devient le père de quatre beaux enfants. Il n'a qu'un seul ennemi, Henry Potter, dont il se fiche éperdument. Ce dernier a beau être l'homme le plus riche de la ville, la famille Bailey l'a toujours empêché d'avoir une emprise totale sur elle. Mais du jour au lendemain, la situation est en passe de s'altérer, George devant faire face à une situation financière totalement inédite...

Il est des réalisateurs dont l'oeuvre marqua à jamais l'histoire du septième art. Capra est de ceux-là et, parmi ses films, c'est sans nul doute "La vie est belle" qui tient lieu de joyau. Témoin d'une autre époque, d'un véritable Age d'or d'Hollywood, ce film paraîtra daté, naïf, suranné et sans doute un peu niais à bon nombre de spectateurs habitués aux comédies dramatiques actuelles. Tant pis pour eux, alors, s'ils passent à coté de ce bijou du cinéma, véritable concentré d'humanisme.

Le film s'ouvre sur une séquence un peu désuète, mais néanmoins pleine de charme, où l'on fait la connaissance de Clarence, un ange de seconde classe, chargé par ses supérieurs de veiller sur ce fameux George Bailey. Si sa mission est couronnée de succès, il pourra enfin bénéficier de la paire d'ailes, qu'il convoite depuis si longtemps. Dès lors, le film se déploie suivant une trame digne d'un conte pour enfants, à mi-chemin entre comédie, poésie et film fantastique. Bien qu'il passe en revue les principales valeurs du modèle américain (devoir de solidarité, principe d'égalité entre les individus, prépondérance des liens familiaux...), il se teinte assez vite d'une noirceur tout à fait particulière. On passe souvent du rire aux larmes (une constante dans les films de Capra), à l'image de cette séquence, délicieusement romantique, entre Mary Hatch et George Bailey, qui se clôt par l'annonce du décès du père de ce dernier. Frank Capra évoque de façon très pertinente les problèmes rencontrés par les Etats-Unis pendant l'entre-deux-guerres. La crise de 1929 plonge l'entreprise des Bailey dans une situation catastrophique. George Bailey est un héros en proie aux doutes les plus profonds. Son anxiété ne cesse de croître au fil du récit. Elle a de fâcheuses répercussions sur son entourage. L'entrée en guerre est également abordée. Elle oblige l'ensemble de la population à se mobiliser, les femmes devant se faire à l'idée que leurs maris ne reviendront peut-être jamais. Mais Frank Capra évoque aussi les exploits militaires de Harry Bailey, le frère cadet de George. Il est en passe d'être décoré. Et puis, il offre une infime lueur d'espoir à George, qui lui fera prendre conscience que sa situation financière n'est pas si désespérée. Elle donnera lieu à une séquence d'une tendresse inouïe, qui me fait dire que la vie est aussi belle qu'un sourire de Donna Reed...



Une bouffée d'air pur. Un chef-d'oeuvre d'humanité au milieu d'un monde impitoyable à l'époque de la shoah. Difficile de résumer un tel film que certains estiment comme un des meilleurs films de l'histoire du cinéma. C'est un peu l'histoire de la vie de chacun d'entre nous, des rêves jamais réalisés, des actes manqués. Chacun le vivra avec plus ou moins d'émotions, mais il donne envie de croire en son prochain et de se rendre compte qu'au final, on n'est pas aussi inutile qu'on le pense...

De façon générale, l'optimisme est évidemment le grand vainqueur de ce long métrage. Dans son autobiographie, le réalisateur écrit : "La Vie est belle n'était fait ni pour les critiques blasés, ni pour les intellectuels fatigués. C'était mon type de film pour les gens que j'aime. Un film pour ceux qui se sentent las, abattus et découragés. Un film pour les alcooliques, les drogués et les prostituées, pour ceux qui sont derrière les murs d'une prison ou des rideaux de fer. Un film pour leur dire qu'aucun homme n'est un raté". Ce qui est sûr, c'est que La Vie est belle est un film poignant, d'une force émotionnelle rare, qui délivre un message éminemment positif. Il est à ce jour le meilleur anti-dépresseur que je connaisse et n'usurpe en aucun cas sa réputation de film culte. L'humanisme qui s'en dégage est assurément l'une des plus belles choses que le cinéma ait produit depuis sa création. Je lui ai vendu mes larmes. (J.H.)

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