Douce Terre.
Qui sait combien d'années-lumière nous sépareront de notre retour vers toi ?
Qui sait si d'autres univers passeront devant notre chemin, entre nous et toi ?
Qui sait, sous quelles lois fondamentales, seront créées peut-être d'autres essences, où la matière, les particules et les corps ne sont pas ?
Qui sait si le sort ou l'implacable hasard nous offrira à nouveau cette réalité-là, celle où tu es là ?
Harmonieuses ou nébuleuses, nos existences ne sont que des météores dans l'océan cosmique. Infimes, fugaces, perdus devant l'espace impassible et son vertige sans fin.
Mais avec toi, tout devient précieux. Chaque souffle devient un miracle, chaque joie une extase, chaque alliance une grâce inouïe.
Un grain de sable solitaire dans la nuit infinie participe à toutes les présences.
Une respiration silencieuse dans le ballet sidéral trouve son ordre unique, sa naturelle eurythmie.
Une fleur s'épanouit dans le champs du Vivant, et elle en est à la fois la beauté primordiale et la raison suprême.
L'idéale plénitude. Le parfait équilibre.
Il n'y a rien à affronter, ailleurs ou ici, si ce n'est le doute et nos seules peurs.
Tu échappes au néant, au vide, et dans ton sillage, nos âmes en ton sein.
Au cœur de la spirale des galaxies, tu nous entraînes dans ton tourbillon, qui n'appartient qu'à toi, la danse de la vie, la symphonie des attractions, le chant éternel de la création, que l'on appelle Amour.
Fille des constellations, notre force est née de toi. Nos consciences ne seront jamais à la dérive tant que ta lueur, aussi insolente que tranquille, aussi délicate que persistante, luit dans la pluie d'étoiles.
Aussi lointains soient les voyages, aussi désespérés soient les naufrages, quand nous pensons à toi, nous sommes partout avec toi. Dans ton souvenir, pénétrant et fulgurant, nous nous sentons partout à notre place, chez nous.
Aussi longues soient les conquêtes, aussi belles soient les découvertes, nous revenons toujours à toi et à l'éclat de ton soleil.
Aucune inconnue, aucun secret ne sera plus saissisant que ceux que recèlent les vies jaillissantes en toi, où les nuits sont aussi belles que les jours.
La pesanteur d'exister s'élargit, puis au fond de nous, s'expand encore le tendre sentiment d'être vivant. Profondément. Intimement. Totalement.
Entre le feu et la glace, notre place est avec toi. Tu es bien plus que notre "chez nous". Tu es notre "tout", omniprésent, dans ce grand tout, inespéré et béant, cette mer de potentialités qui nous est accordée.
Ne pas perdre de vue les comètes. Rêver sur la Lune. Aimer chaque crépuscule, chaque aurore. Chercher un sens au dedans de nous. Trouver le meilleur au-delà de nous.
De quels rêves es-tu née ? Seuls les astres peuvent le dire.
Mais, de poussière et de lumière, de ta source coulant dans nos veines, de ton sol gravé dans nos gènes, de tes splendeurs irradiant les âmes, nos chairs imprégnées, nos cœurs intriqués, nous serons toujours ce que tu fais de nous, en tout point de l'espace, en toute mesure du temps.
"Nouvelles. De la Terre, de la Lune, des Etoiles."
Crédit vidéo et photo : Home - R T Nelson / Contact - Film de Robert Zemeckis.
Chez nous
Dreamcatcher
La vie nous appelle à elle, à sa course, à son destin.
Dresser dômes et palais où s'élève la musique des ponts, des ruelles.
Traverser le ciel, relier toutes les cités entre elles.
Faire le voyage dont nous ne savons la fin.
Suivre les étoiles puisque nous connaissons le chemin.
Laisser nos joies tracer la voie et serrer les liens,
et chérir ce qu'il nous revient, autant que ce que nous devons au ciel.
Aimer tout ce que le coeur contient, l'infini, l'universel.
Universel
Nous sommes l'océan de l'océan,
la terre de la terre, le sens de tous les sens.
La force de vie est une, une seule et même essence,
Et contre le néant et le chaos, la douceur et la constance sont toujours puissance.
Sang et sève coulent unis à travers les âges dans le courant des renaissances.
Dans ce flot d'amour et de résistance,
La vie étend le Beau, la vie étend son règne,
La vie retrouve son droit, et avec la Terre, son éden.
Harmonie
Pour la paix ou l'agitation, tu es partout.
Je vais vers toi retrouver tes océans et me rappeler la puissance du temps, la fureur de vivre.
Tes prairies généreuses et douces nous bercent dans leurs frémissements. Elles m'enseignent le silence et leur patience.
De terre, de ta forme et de ton désir, notre chair est faite.
A tout l'espace que tu as empli, nous nous attachons.
Devant ton immensité, tu nous laisses à nous-mêmes.
Nus et vivants, nous sommes libres face à Toi.
Face à toi
Parfois on rencontre ceux qui sont simples. On voit leur lumière, on sent la pureté de leur souffle, la netteté de leur regard.
Alors c’est comme si quelque chose cédait enfin dans ce réseau infini de protection et d’interdiction qui nous entoure.
J.M.G. Le Clézio
Crédit photo : Elena Shumilova - "Summer memories "












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