ƒ Société | Carnet de vie
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Le chant de l’espérance : le Magnificat

243. Le quatrième point de ce programme de vie chrétienne, après la foi qui contemple le dessein d’amour du Père, la charité qui nous unit en un unique corps ecclésial et l’espérance qui soutient notre action dans le monde, est la prière. Le chant de Marie accompagne notre engagement. Devant Élisabeth qui lui annonce qu’elle est devenue la mère du Seigneur, Marie laisse éclater un hymne de louange et de joie. Son âme magnifie le Seigneur et son esprit exulte en Dieu son Sauveur, car Il a choisi pour son dessein de salut une jeune fille, pauvre et humble. Soudain, Marie voit toute l’histoire à travers le prisme de cette découverte. Rien n’a changé autour d’elle : la situation socio-politique de son époque reste la même, avec les Romains qui dominent sa terre et son peuple divisé et humilié. Et pourtant, tout a changé en elle, ce qui lui permet de voir l’invisible. Dieu a déjà déployé la puissance de son bras, il a déjà dispersé les superbes, renversé les puissants, élevé les humbles, comblé de biens ceux qui ont faim et renvoyé les riches les mains vides. Il a déjà secouru Israël, son serviteur. Dieu « se range du côté des derniers. Il possède un projet qui est souvent caché sous l’apparence terne des événements humains, qui voient triompher “les superbes, les puissants et les riches”. Et pourtant, sa force secrète est destinée à se révéler à la fin ». [222]

244. La Vierge Marie non seulement nous apprend à voir l’œuvre invisible de Dieu, mais elle dirige aussi notre regard « sur les points de fracture de l’humanité, là où se produit la distorsion du monde, dans le contraste entre les humbles et les puissants, entre les pauvres et les riches, entre les repus et les affamés », en nous apprenant « à adopter un point de vue différent pour regarder le monde à partir du bas, avec les yeux de ceux qui souffrent, et non avec le regard des grands ; pour regarder l’histoire avec les yeux des petits et non avec la perspective des puissants ; pour interpréter les événements de l’histoire du point de vue de la veuve, de l’orphelin, de l’étranger, de l’enfant blessé, de l’exilé, du fugitif ». [223] Ainsi, la Vierge devient « poétesse et prophétesse de la rédemption », car de ses lèvres jaillit « l’hymne le plus puissant et le plus novateur qui ait jamais été prononcé, le Magnificat ; c’est elle qui révèle le dessein transformateur de l’économie chrétienne, le résultat historique et social qui tire encore aujourd’hui du christianisme son origine et sa force ». [224]

245. Avec la même foi que Marie, devenons des tisseurs d’espérance dans notre monde, en partageant ce que nous sommes et ce que nous avons, afin que la présence de Jésus grandisse au milieu de nous et que son Royaume prenne forme. Dans l’humble fidélité de chaque jour, l’ère de l’IA peut elle aussi devenir un passage par lequel l’Esprit fait mûrir la civilisation de l’amour dans notre vie. Le Seigneur continue de faire toutes choses nouvelles et maintient ouverte, pour chaque époque, la possibilité de devenir une histoire de salut à la lumière de l’Incarnation. Je confie ce désir à la Mère du Christ, la femme du Magnificat, pour qu’elle accompagne nos pas dans ce présent en mutation et garde en chacun de nous la confiance en l’Évangile, afin que nous puissions témoigner de la beauté d’une magnifique humanité habitée par Dieu.

Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 15 mai de l’année 2026, la deuxième de mon Pontificat.

LÉON PP. XIV


LETTRE ENCYCLIQUE
MAGNIFICA HUMANITAS
DU SAINT-PÈRE 
LÉON XIV
SUR LA PROTECTION DE LA PERSONNE HUMAINE 
À L'ÈRE DE L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

[Source]



Tableau« La vierge, l’enfant Jésus et sainte Anne » -  Léonard de Vinci.


MAGNIFICA HUMANITAS



Lettre d’Amadou Hampâté Bâ à la Jeunesse 


1985

Mes chers cadets,
Celui qui vous parle est l'un des premiers nés du vingtième siècle. Il a donc vécu bien longtemps et, comme vous l'imaginez, vu et entendu beaucoup de choses de par le vaste monde. Il ne prétend pas pour autant être un maître en quoi que ce soit. Avant tout, il s'est voulu un éternel chercheur, un éternel élève, et aujourd'hui encore sa soif d'apprendre est aussi vive qu’aux premiers jours.
Il a commencé par chercher en lui-même, se donnant beaucoup de peine pour se découvrir et bien se connaître, afin de pouvoir ensuite se reconnaître en son prochain et l'aimer en conséquence. Il souhaiterait que chacun de vous en fasse autant.
Après cette quête difficile, il entreprit de nombreux voyages à travers le monde : Afrique, Proche-Orient, Europe, Amérique. En élève sans complexes ni préjugés, il sollicita l'enseignement de tous les maîtres et de tous les sages qu'il lui fut donné de rencontrer. Il se mit docilement à leur écoute. Il enregistra fidèlement leurs dires et analysa objectivement leurs leçons, afin de bien comprendre les différents aspects de leurs cultures et, par là même, les raisons de leur comportement. Bref, il s'efforça toujours de comprendre les hommes, car le grand problème de la vie, c'est la MUTUELLE COMPRÉHENSION.



Certes, qu'il s'agisse des individus, des nations, des races ou des cultures, nous sommes tous différents les uns des autres ; mais nous avons tous quelque chose de semblable aussi, et c'est cela qu'il faut chercher pour pouvoir se reconnaître en l'autre et dialoguer avec lui. Alors nos différences, au lieu de nous séparer, deviendront complémentarité et source d'enrichissement mutuel. De même que la beauté d'un tapis tient à la variété de ses couleurs, la diversité des hommes, des cultures et des civilisations fait la beauté et la richesse du monde. Combien ennuyeux et monotone serait un monde uniforme où tous les hommes, calqués sur un même modèle, penseraient et vivraient de la même façon ! N'ayant plus rien à découvrir chez les autres, comment s'enrichirait-on soi même ?
A notre époque si grosse de menaces de toutes sortes, les hommes doivent mettre l'accent non plus sur ce qui les sépare, mais sur ce qu'ils ont de commun, dans le respect de l'identité de chacun. La rencontre et l'écoute de l'autre est toujours plus enrichissante, même pour l'épanouissement de sa propre identité, que les conflits ou les discussions stériles pour imposer son propre point de vue. Un vieux maître d'Afrique disait : il y a « ma » vérité et « ta » vérité, qui ne se rencontreront jamais. « LA » Vérité se trouve au milieu. Pour s'en approcher, chacun doit se dégager un peu de « sa » vérité pour faire un pas vers l'autre...



Jeunes gens, derniers-nés du vingtième siècle, vous vivez à une époque à la fois effrayante par les menaces qu’elle fait peser sur l'humanité et passionnante par les possibilités qu'elle ouvre dans le domaine des connaissances et de la communication entre les hommes. La génération du vingt et unième siècle connaîtra une fantastique rencontre de races et d'idées. Selon la façon dont elle assimilera ce phénomène, elle assurera sa survie ou provoquera sa destruction par des conflits meurtriers. Dans ce monde moderne, personne ne peut plus se réfugier dans sa tour d'ivoire. Tous les États, qu'ils soient forts ou faibles, riches ou pauvres, sont désormais interdépendants, ne serait-ce que sur le plan économique ou face aux dangers d'une guerre internationale. Qu'ils le veuillent ou non, les hommes sont embarqués sur un même radeau : qu'un ouragan se lève, et tout le monde sera menacé à la fois. Ne vaut-il pas mieux essayer de se comprendre et de s'entraider mutuellement avant qu'il ne soit trop tard ?
L'interdépendance même des États impose une complémentarité indispensable des hommes et des cultures. De nos jours, l'humanité est comme une grande usine où l'on travaille à la chaîne : chaque pièce, petite ou grande, a un rôle défini à jouer qui peut conditionner la bonne marche de toute l'usine.
Actuellement, en règle générale, les blocs d'intérêt s'affrontent et se déchirent. Il vous appartiendra peut-être, ô jeunes gens, de faire émerger peu à peu un nouvel état d'esprit, davantage orienté vers la complémentarité et la solidarité, tant individuelle qu'internationale. Ce sera la condition de la paix, sans laquelle il ne saurait y avoir de développement.
La civilisation traditionnelle (je parle surtout de l'Afrique de la savane au sud du Sahara, que je connais plus particulièrement) était avant tout une civilisation de responsabilité et de solidarité à tous les niveaux. En aucun cas un homme, quel qu’il soit, n'était isolé. Jamais on n'aurait laissé une femme, un enfant, un malade ou un vieillard vivre en marge de la société, comme une pièce détachée. On lui trouvait toujours une place au sein de la grande famille africaine, où même l'étranger de passage trouvait gîte et nourriture. L'esprit communautaire et le sens du partage présidaient à tous les rapports humains. Le plat de riz, si modeste fût-il, était ouvert à tous.



L'homme s'identifiait à sa parole, qui était sacrée. Le plus souvent, les conflits se réglaient pacifiquement grâce à la « palabre » : « Se réunir pour discuter, dit l'adage, c’est mettre tout le monde à l’aise et éviter la discorde ». Les vieux, arbitres respectés, veillaient au maintien de la paix dans le village. « Paix ! », « La paix seulement ! », sont les formules-clé de toutes les salutations rituelles africaines. L'un des grands objectifs des initiations et des religions traditionnelles était l'acquisition, par chaque individu, d'une totale maîtrise de soi et d'une paix intérieure sans laquelle il ne saurait y avoir de paix extérieure. C'est dans la paix et dans la paix seulement que l'homme peut construire et développer la société, alors que la guerre ruine en quelques jours ce que l'on a mis des siècles à bâtir !
L'homme était également considéré comme responsable de l'équilibre du monde naturel environnant. Il lui était interdit de couper un arbre sans raison, de tuer un animal sans motif valable. La terre n'était pas sa propriété, mais un dépôt sacré confié par le Créateur et dont il n'était que le gérant. Voilà une notion qui prend aujourd'hui toute sa signification si l'on songe à la légèreté avec laquelle les hommes de notre temps épuisent les richesses de la planète et détruisent ses équilibres naturels.
Certes, comme toute société humaine, la société africaine avait aussi ses tares, ses excès et ses faiblesses. C'est à vous, jeunes gens et jeunes filles, adultes de demain, qu'il appartiendra de laisser disparaître d'elles-mêmes les coutumes abusives, tout en sachant préserver les valeurs traditionnelles positives. La vie humaine est comme un grand arbre et chaque génération est comme un jardinier. Le bon jardinier n'est pas celui qui déracine, mais celui qui, le moment venu, sait élaguer les branches mortes et, au besoin, procéder judicieusement à des greffes utiles. Couper le tronc serait se suicider, renoncer à sa personnalité propre pour endosser artificiellement celle des autres, sans y parvenir jamais tout à fait. Là encore, souvenons-nous de l'adage : « Le morceau de bois a beaucoup séjourné dans l’eau, il flottera peut-être, mais jamais il ne deviendra caïman !
Soyez, jeunes gens, ce bon jardinier qui sait que, pour croître en hauteur et étendre ses branches dans toutes les directions de l'espace, un arbre a besoin de profondes et puissantes racines. Ainsi, bien enracinés en vous-mêmes, vous pourrez sans crainte et sans dommage vous ouvrir vers l'extérieur, à la fois pour donner et pour recevoir.



Pour ce vaste travail, deux outils vous sont indispensables : tout d'abord, l'approfondissement et la préservation de vos langues maternelles, véhicules irremplaçables de nos cultures spécifiques ; ensuite, la parfaite connaissance de la langue héritée de la colonisation (pour nous la langue française), tout aussi irremplaçable, non seulement pour permettre aux différentes ethnies africaines de communiquer entre elles et de mieux se connaître, mais aussi pour nous ouvrir sur l'extérieur et nous permettre de dialoguer avec les cultures du monde entier.
Jeunes gens d'Afrique et du monde, le destin a voulu qu'en cette fin du vingtième siècle, à l'aube d'une ère nouvelle, vous soyez comme un pont jeté entre deux mondes : celui du passé, où de vieilles civilisations n'aspirent qu'à vous léguer leurs trésors avant de disparaître, et celui de l'avenir, plein d'incertitudes et de difficultés, certes, mais riche aussi d'aventures nouvelles et d'expériences passionnantes. Il vous appartient de relever le défi et de faire en sorte qu'il y ait, non-rupture mutilante, mais continuation sereine et fécondation d'une époque par l'autre.
Dans les tourbillons qui vous emporteront, souvenez-vous de nos vieilles valeurs de communauté, de solidarité et de partage. Et si vous avez la chance d'avoir un plat de riz, ne le mangez pas tout seuls. Si des conflits vous menacent, souvenez-vous des vertus du dialogue et de la palabre !
Et lorsque vous voudrez vous employer, au lieu de consacrer toutes vos énergies à des travaux stériles et improductifs, pensez à revenir vers notre Mère la Terre, notre seule vraie richesse, et donnez-lui tous vos soins afin que l'on puisse en tirer de quoi nourrir tous les hommes. Bref, soyez au service de la Vie, sous tous ses aspects !
Certains d'entre vous diront peut-être: « C’est trop nous demander! Une telle tâche nous dépasse ! ». Permettez au vieil homme que je suis de vous confier un secret : de même qu'il n'y a pas de « petit » incendie (tout dépend de la nature du combustible rencontré), il n'y a pas de petit effort. Tout effort compte, et l'on ne sait jamais, au départ, de quelle action apparemment modeste sortira l'événement qui changera la face des choses. N'oubliez pas que le roi des arbres de la savane, le puissant et majestueux baobab, sort d'une graine qui, au départ, n'est pas plus grosse qu'un tout petit grain de café...

Amadou Hampâté Bâ




Crédit Photo : http://www.belafrique.com/ 

Soyez au service de la vie



 La Dépêche » du dimanche 15 janvier 1888


Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés n’auront pas seulement à écrire et à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d’une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont Français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son histoire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation. Enfin ils seront hommes, et il faut qu’ils aient une idée de l’homme, il faut qu’ils sachent quelle est la racine de toutes nos misères : l’égoïsme aux formes multiples ; quel est le principe de notre grandeur : la fierté unie à la tendresse. Il faut qu’ils puissent se représenter à grands traits l’espèce humaine domptant peu à peu les brutalités de la nature et les brutalités de l’instinct, et qu’ils démêlent les éléments principaux de cette œuvre extraordinaire qui s’appelle la civilisation. Il faut leur montrer la grandeur de la pensée ; il faut leur enseigner le respect et le culte de l’âme en éveillant en eux le sentiment de l’infini qui est notre joie, et aussi notre force, car c’est par lui que nous triompherons du mal, de l’obscurité et de la mort.

Eh quoi ! Tout cela à des enfants ! — Oui, tout cela, si vous ne voulez pas fabriquer simplement des machines à épeler. Je sais quelles sont les difficultés de la tâche. Vous gardez vos écoliers peu d’années et ils ne sont point toujours assidus, surtout à la campagne. Ils oublient l’été le peu qu’ils ont appris l’hiver. Ils font souvent, au sortir de l’école, des rechutes profondes d’ignorance et de paresse d’esprit, et je plaindrais ceux d’entre vous qui ont pour l’éducation des enfants du peuple une grande ambition, si cette grande ambition ne supposait un grand courage.



J’entends dire, il est vrai : « À quoi bon exiger tant de l’école ? Est-ce que la vie elle-même n’est pas une grande institutrice ? Est-ce que, par exemple, au contact d’une démocratie ardente, l’enfant devenu adulte ne comprendra point de lui-même les idées de travail, d’égalité, de justice, de dignité humaine qui sont la démocratie elle-même ? » — Je le veux bien, quoiqu’il y ait encore dans notre société, qu’on dit agitée, bien des épaisseurs dormantes où croupissent les esprits. Mais autre chose est de faire, tout d’abord, amitié avec la démocratie par l’intelligence ou par la passion. La vie peut mêler, dans l’âme de l’homme, à l’idée de justice tardivement éveillée, une saveur amère d’orgueil blessé ou de misère subie, un ressentiment et une souffrance. Pourquoi ne pas offrir la justice à des cœurs tout neufs ? Il faut que toutes nos idées soient comme imprégnées d’enfance, c’est-à-dire de générosité pure et de sérénité.

Comment donnerez-vous à l’école primaire l’éducation si haute que j’ai indiquée ? Il y a deux moyens. Il faut d’abord que vous appreniez aux enfants à lire avec une facilité absolue, de telle sorte qu’ils ne puissent plus l’oublier de la vie et que, dans n’importe quel livre, leur œil ne s’arrête à aucun obstacle. Savoir lire vraiment sans hésitation, comme nous lisons vous et moi, c’est la clef de tout. Est-ce savoir lire que de déchiffrer péniblement un article de journal, comme les érudits déchiffrent un grimoire ? J’ai vu, l’autre jour, un directeur très intelligent d’une école de Belleville, qui me disait : « Ce n’est pas seulement à la campagne qu’on ne sait lire qu’à peu près, c’est-à-dire point du tout ; à Paris même, j’en ai qui quittent l’école sans que je puisse affirmer qu’ils savent lire. » Vous ne devez pas lâcher vos écoliers, vous ne devez pas, si je puis dire, les appliquer à autre chose tant qu’ils ne seront point par la lecture aisée en relation familière avec la pensée humaine. Qu’importent vraiment à côté de cela quelques fautes d’orthographe de plus ou de moins, ou quelques erreurs de système métrique ? Ce sont des vétilles dont vos programmes, qui manquent absolument de proportion, font l’essentiel.

J’en veux mortellement à ce certificat d’études primaires qui exagère encore ce vice secret des programmes. Quel système déplorable nous avons en France avec ces examens à tous les degrés qui suppriment l’initiative du maître et aussi la bonne foi de l’enseignement, en sacrifiant la réalité à l’apparence ! Mon inspection serait bientôt faite dans une école. Je ferais lire les écoliers, et c’est là-dessus seulement que je jugerais le maître.

Sachant bien lire, l’écolier, qui est très curieux, aurait bien vite, avec sept ou huit livres choisis, une idée, très générale, il est vrai, mais très haute de l’histoire de l’espèce humaine, de la structure du monde, de l’histoire propre de la terre dans le monde, du rôle propre de la France dans l’humanité. Le maître doit intervenir pour aider ce premier travail de l’esprit ; il n’est pas nécessaire qu’il dise beaucoup, qu’il fasse de longues leçons ; il suffit que tous les détails qu’il leur donnera concourent nettement à un tableau d’ensemble. De ce que l’on sait de l’homme primitif à l’homme d’aujourd’hui, quelle prodigieuse transformation ! et comme il est aisé à l’instituteur, en quelques traits, de faire sentir à l’enfant l’effort inouï de la pensée humaine !


Seulement, pour cela, il faut que le maître lui-même soit tout pénétré de ce qu’il enseigne. Il ne faut pas qu’il récite le soir ce qu’il a appris le matin ; il faut, par exemple, qu’il se soit fait en silence une idée claire du ciel, du mouvement des astres ; il faut qu’il se soit émerveillé tout bas de l’esprit humain, qui, trompé par les yeux, a pris tout d’abord le ciel pour une voûte solide et basse, puis a deviné l’infini de l’espace et a suivi dans cet infini la route précise des planètes et des soleils ; alors, et alors seulement, lorsque, par la lecture solitaire et la méditation, il sera tout plein d’une grande idée et tout éclairé intérieurement, il communiquera sans peine aux enfants, à la première occasion, la lumière et l’émotion de son esprit. Ah ! sans doute, avec la fatigue écrasante de l’école, il vous est malaisé de vous ressaisir ; mais il suffit d’une demi-heure par jour pour maintenir la pensée à sa hauteur et pour ne pas verser dans l’ornière du métier. Vous serez plus que payés de votre peine, car vous sentirez la vie de l’intelligence s’éveiller autour de vous.

Il ne faut pas croire que ce soit proportionner l’enseignement aux enfants que de le rapetisser. Les enfants ont une curiosité illimitée, et vous pouvez tout doucement les mener au bout du monde. Il y a un fait que les philosophes expliquent différemment suivant les systèmes, mais qui est indéniable : « Les enfants ont en eux des germes, des commencements d’idées. » Voyez avec quelle facilité ils distinguent le bien du mal, touchant ainsi aux deux pôles du monde ; leur âme recèle des trésors à fleur de terre : il suffit de gratter un peu pour les mettre à jour. Il ne faut donc pas craindre de leur parler avec sérieux, simplicité et grandeur.

Je dis donc aux maîtres, pour me résumer : lorsque d’une part vous aurez appris aux enfants à lire à fond, et lorsque d’autre part, en quelques causeries familières et graves, vous leur aurez parlé des grandes choses qui intéressent la pensée et la conscience humaine, vous aurez fait sans peine en quelques années œuvre complète d’éducateurs. Dans chaque intelligence il y aura un sommet, et, ce jour-là, bien des choses changeront.


Jean Jaurès

« Lettre aux instituteurs et institutrices » - Jean Jaurès

"Rien n’est solitaire, tout est solidaire. L’homme est solidaire avec la planète, la planète est solidaire avec le soleil, le soleil est solidaire avec l’étoile, l’étoile est solidaire avec la nébuleuse, la nébuleuse, groupe stellaire, est solidaire avec l’infini. Ôtez un terme de cette formule, le polynôme se désorganise, l’équation chancelle, la création n’a plus de sens dans le cosmos et la démocratie n’a plus de sens sur la terre. Donc, solidarité de tout avec tout, et de chacun avec chaque chose. La solidarité des hommes est le corollaire invincible de la solidarité des univers. Le lien démocratique est de même nature que le rayon solaire."
VICTOR HUGO



Source : Regard Voir

Tout est solidarité




“Il est urgent d’éradiquer ce principe de compétition qui place l’enfant, dès sa scolarité, dans une rivalité terrible avec les autres et lui laisse croire que s’il n’est pas le meilleur, il va rater sa vie. Beaucoup répondent à cette insécurité par une accumulation stupide de richesses, ou par le déploiement d’une violence qui vise à dominer l’autre, que l’on croit devoir surpasser.

Aujourd’hui, on est tout fier lorsqu’un enfant de 5 ans sait manipuler la souris de l’ordinateur et compter parfaitement. Très bien. Mais trop d’enfants accèdent à l’abstraction aux dépens de leur intériorité, et se retrouvent décalés par rapport à la découverte de leur vraie vocation.

Dans notre jeune âge, nous appréhendons la réalité avec nos sens, pas avec des concepts abstraits. Prendre connaissance de soi, c’est d’abord prendre connaissance de son corps, de sa façon d’écouter, de se nourrir, de regarder, c’est ainsi que l’on accède à ses émotions et à ses désirs. Quel dommage que l’intellect prime à ce point sur le travail manuel. Nos mains sont des outils magnifiques, capables de construire une maison, de jouer une sonate, de donner de la tendresse.

Offrons à nos enfants ce printemps où l’on goûte le monde, où l’on consulte son âme pour pouvoir définir, petit à petit, ce à quoi l’on veut consacrer sa vie. Offrons-leur l’épreuve de la nature, du travail de la terre, des saisons. L’intelligence humaine n’a pas de meilleure école que celle de l’intelligence universelle qui la précède et se manifeste dans la moindre petite plante, dans la diversité, la complexité, la continuité du vivant.” – 

Pierre Rabhi

L'Enfant

Nelson Mandela



Le terme ubuntu est un concept présent dans les langues bantoues. « respect, serviabilité, partage, communauté, générosité, confiance désintéressement. Un mot peut avoir tant de significations. C'est tout cela l'esprit d'ubuntu. Il ne signifie pas que les gens ne doivent pas s'occuper d'eux-mêmes. La question est donc, est-ce que tu vas faire cela de façon à développer la communauté autour de toi et permettre de l'améliorer ? Ce sont les choses importantes dans la vie. Et si on peut faire cela, tu as fait quelque chose de très important qui sera apprécié ».



Cette phrase est de l'ancien président sud-africain, Nelson Mandela. Il a adhéré à l'éthique et à la philosophie de cette notion, avec laquelle, dit-on, il a été élevé. Ce mot des langues bantoues non traduisibles directement, exprime la conscience du rapport entre l'individu et la communauté et est souvent résumé par Mandela avec le proverbe zoulou « qu'un individu est un individu à cause des autres individus » ou comme défini par l'infatigable homme d'église Desmond Tutu, « mon humanité est inextricablement liée à ce qu'est la vôtre ». Une notion de fraternité implique compassion et ouverture d'esprit et s'oppose au narcissisme et à l'individualisme.

Il a été remis au goût du jour avec la fin de l'Apartheid en Afrique du Sud. En 1995, la Commission vérité et réconciliation était menée par Mgr Desmond Tutu. Elle se donnait pour objectif de procéder à des amnisties individuelles aux auteurs de violations des droits de l'homme. En échange, ceux-là s'engageaient à révéler l'intégralité de leurs actions. Une situation unique en son genre en Afrique.

« Quelqu'un d'ubuntu est ouvert et disponible pour les autres, dévoué aux autres, ne se sent pas menacé parce que les autres sont capables et bons car il ou elle possède sa propre estime de soi qui vient de la connaissance qu'il ou elle a d'appartenir à quelque chose de plus grand, et qu'il ou elle est diminué(e) quand les autres sont diminués ou humiliés, quand les autres sont torturés ou opprimés », explique Desmond Tutu.

(…)

Il ne sert à rien de se prendre pour de grands hommes sans avoir le courage de les prendre en exemple. Pour paraphraser le biographe François Dosse, les sens d'une vie de soi, et tout ce qu'on fait, se lisent dans le regard des autres. Quant aux amateurs de culte de personnalité, l'histoire leur a réservé une place qui ne mérite pas qu'on se bouscule au portillon pour y siéger.

Jao Patricius 

Source :
Newsmada



Mandela : les discours entrés dans l'Histoire

L'ancien président de l'Afrique du SudNelson Mandela, est mort jeudi 5 décembre à l'âge de 95 ans. Depuis 1999, le héros de la lutte contre l'apartheid s'était retiré de la vie publique, ne faisant que de rares apparitions. En 2003 pourtant, il était sorti de son silence pour commenter l'action de George W. Bush, « un président qui ne sait pas réfléchir », et condamner le lancement de l'attaque en Irak. Car tout au long de sa vie, la parole fut la plus grande arme de Nelson Mandela.

  • 20 avril 1964, procès de Rivonia : « Un idéal pour lequel je suis prêt à mourir »
Depuis près de deux ans, Nelson Mandela est en prison, condamné pour avoir incité des gens à se mettre en grève pour protester contre les politiques de ségrégation raciale. Mais le 20 avril 1964, Nelson Mandela répond cette fois de chefs d'accusation plus graves : sabotage, haute trahison et complot. Aux côtés de 19 dirigeants de l'ANC, le leader du parti politique est le premier à prendre la parole dans le tribunal de Pretoria. Dans un discours de près de 30 minutes, il raconte à l'assemblée la genèse et les motivations de son engagement politique, esquissant les prémices de la future « Nation arc-en-ciel ».
« La souffrance des Africains, ce n'est pas seulement qu'ils sont pauvres et que les blancs sont riches, mais bien que les lois qui sont faites par les Blancs tendent à perpétuer cette situation. (...) Par dessus tout, nous voulons des droits politiques égaux, car en leur absence notre handicap sera permanent. Je sais que cela paraît révolutionnaire aux Blancs de ce pays, car la majorité des électeurs seront des Africains. Ce qui fait que les hommes blancs craignent la démocratie. Mais cette peur ne doit pas se placer au travers de la voie de la seule solution qui garantira l'harmonie raciale et la liberté pour tous. Ce n'est pas vrai que le droit de vote pour tous se traduira par une domination raciale. Le clivage politique fondé sur la couleur de la peau est totalement artificiel et quand il disparaîtra, dans un même mouvement la domination d'un groupe de couleur sur un autre sera éliminée.
Au cours de ma vie, je me suis consacré à cette lutte des peuples africains. J'ai combattu contre la domination blanche et j'ai combattu contre la domination noire. J'ai chéri l'idéal d'une société libre et démocratique dans laquelle tout le monde vivrait ensemble en harmonie et avec des chances égales. C'est un idéal pour lequel j'espère vivre et que j'espère accomplir. Mais si nécessaire, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »
A l'issue de ce procès, Nelson Mandela est condamné à la prison à vie. Il restera vingt-sept ans derrière les barreaux, sous le matricule de prisonnier 46 664. 
  • 13 février 1990, la libération : « L'apartheid n'a pas d'avenir »
La foule attend, impatiente, les premiers mots du plus vieux prisonnier politique du monde, qui a quitté deux jours plus tôt la prison Victor Verster de Paarl. Depuis le balcon de l'hôtel de ville du Cap, Nelson Mandela rompt un silence de vingt-sept années. Dans une adresse formulée à la première personne, il remercie tour à tour toutes les composantes de la société sud-africaine, celles-là même qu'il lui faudra réussir à réunifier pour obtenir la paix du pays, encore régi par les lois de l'apartheid. 
« Je suis ici devant vous non pas comme un prophète mais comme votre humble serviteur. C'est grâce à vos sacrifices inlassables et héroïques que je suis ici aujourd'hui. Je mets donc les dernières années de ma vie entre vos mains. (...) Aujourd'hui, la majorité des Sud-Africains, noirs comme blancs, reconnaissent que l'apartheid n'a aucun avenir. Ce système doit être aboli d'un commun accord afin de reconstruire la paix et la sécurité. (...) La situation qui nous avait poussée à prendre les armes existe toujours aujourd'hui. Nous n'avons pas d'autre choix que de continuer
Notre lutte a atteint un moment décisif. Nous appelons notre peuple à saisir cette opportunité, afin que nous puissions accéder rapidement à la démocratie. Nous avons attendu trop longtemps notre liberté. Nous ne pouvons plus attendre davantage. C'est le moment d'intensifier notre combat sur tous les fronts. Relâcher nos efforts à présent serait une erreur que les générations qui nous suivront ne nous pardonneraient pas. La vision de la liberté, qui point à l'horizon, devrait tous nous encourager à redoubler nos efforts.
Notre marche vers la liberté est irréversible. Nous ne pouvons pas laisser la peur l'emporter. Le suffrage universel dans une Afrique du Sud démocratique, unie et non raciale est notre seule voie vers la paix et l'harmonie entre les peuples. »
Sous les applaudissements de la foule, Nelson Mandela conclura son discours en citant les derniers mots de sa plaidoirie de 1964. « Ils sont toujours aussi vrais aujourd'hui qu'ils l'étaient à l'époque », martèle l'homme, se disant de nouveau« prêt à mourir pour cet idéal ».

Le comité suédois décerne en 1993 le prix Nobel de la Paix à Nelson Mandela et au président sud-africain Frederik de Klerk pour l'abolition de l'apartheid, en juillet 1991. A l'hôtel de ville d'Oslo, Nelson Mandela choisit notamment de rendrehommage à la mémoire de Martin Luther King.
« Nous sommes ici aujourd'hui pour représenter les millions de personnes qui ont osé se soulever contre un système social dont l'essence profonde était la guerre, la violence, le racisme, l'oppression, la répression, et l'appauvrissement de tout un peuple. (...) Ces innombrables humains, à la fois à l'intérieur et en dehors de l'Afrique du Sud, ont eu la noblesse d'esprit de s'opposer à la tyrannie et à l'injustice, sans chercher leur gain personne. Ils ont compris qu'une blessure faite à une personne est une blessure faite à l'humanité, et ont agi ensemble pour défendre la justice et le sens commun de la décence humaine.
Notre récompense ne se mesurera que par la paix joyeuse qui triomphera un jour, car l'humanité qui unit les blancs et les noirs en une seule et même race nous permettra de vivre un jour tels des enfants du paradis. Ainsi vivrons-nous, car nous aurons créé une société qui reconnaît que tous les hommes naissent égaux, et que tous ont le droit à la vie, à la liberté, à la prospérité, aux droits humains et à une bonne gouvernance. Une telle société n'autorisera plus jamais que certains soient faits prisonniers à cause de leurs idées. (...)
Qu'il ne soit jamais dit par les générations futures que l'indifférence, le cynisme et l'égoïsme nous ont empêchés d'être à la hauteur des idéaux humanistes. Que chacune de nos aspirations prouve que Martin Luther King avait raison, quand il disait que l'humanité ne peut plus être tragiquement liée à la nuit sans étoiles, du racisme et de la guerre. Que les efforts de tous prouvent qu'il n'était pas un simple rêveur quand il parlait de la beauté de la véritable fraternité et de la paix, plus précieuse que les diamants en argent ou en or. »

  • 10 mai 1994, l'investiture : « Une nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et avec le monde »
Le 27 avril 1994, Nelson Mandela est élu à la tête de l'Afrique du Sud, avec 62,2 % des voix. Nelson Mandela prête serment, devenant le premier président noir de l'Afrique du Sud, après quatre longues et difficiles années de négociations avec la minorité blanche.
« De l'expérience d'un désastre humain inouï qui a duré beaucoup trop longtemps, doit naître une société dont toute l'humanité sera fière. Nous, le peuple d'Afrique du Sud, nous sentons profondément satisfaits que l'humanité nous ait repris en son sein, et que le privilège rare d'être l'hôte des nations du monde sur notre propre terre nous ait été accordé, à nous qui étions hors la loi il n'y a pas si longtemps.
Le temps est venu de panser nos blessures. Le moment est venu de réduire les abîmes qui nous séparent. Le temps de la construction approche. Nous avons enfin accompli notre émancipation politique. Nous nous engageons à libérer tout notre peuple de l'état permanent d'esclavage à la pauvreté, à la privation, à la souffrance, à la discrimination liée au sexe ou à toute autre discrimination. Nous avons réussi à franchir le dernier pas vers la liberté dans des conditions de paix relative. Nous nous engageons à construire une paix durable, juste et totale.
Nous avons triomphé dans notre effort pour insuffler l'espoir dans le cœur de millions de nos concitoyens. Nous prenons l'engagement de bâtir une société dans laquelle tous les Sud-Africains, blancs ou noirs, pourront marcher la tête haute sans aucune crainte au fond de leur cœur, assurés de leur droit inaliénable à la dignité humaine – une nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et avec le monde. 
Le soleil ne se couchera jamais sur une réussite humaine si glorieuse. »
En mai 1999, Mandela se retire au terme d'un seul mandat.

Source : LeMonde

Ubuntu


"Le temps des consciences éclairées, déterminées, agissantes et tranquilles est venu".





"Le modèle arrive à ses limites. Cette période n’est pas une transition, mais une “cahotisation”. On a une magnifique planète que l’on perçoit comme un gisement de ressources qu’on va exploiter pour faire du fric. L’évolution générale, c’est l’épuisement. Bizarrement, je crois que notre civilisation actuelle est la plus fragile de l’histoire de l’humanité...".  (...)

 "Je visite beaucoup de chefs d’entreprise. Ils me disent “Mon entreprise va bien, moi je vais mal”. L’humanité est triste. On le voit bien par l’augmentation des prises d’anxiolytiques. Il y a une misère atroce qui est sur le sens. Le bonheur devient rare." 

"Le bonheur, c’est être heureux d’être en vie. Paradoxalement, on peut avoir des milliards sans y accéder. En Afrique, les gens qui auraient toutes les raisons du monde de se lamenter ne perdent pas une occasion de transformer la vie en une espèce d’état jubilatoire. Nous, en Europe, on a soi disant tout et il y a une sorte de misère intérieure. On compense le déficit d’être par une boulimie de l’avoir. Nous sommes dans une civilisation qui nous dit : “Ne soyez pas satisfaits, ayez toujours plus”. Le bonheur ce n’est pas ça. Il est dans la simplicité, la sobriété." 

"Aujourd’hui, l’indispensable est limité et le superflu est illimité. Ceux qui vendent des produits de luxe, ne connaissent aucune crise. Par contre, pour accéder à un simple bol de soupe, les gens ont du mal. Aujourd’hui, le politique n’est pas du tout visionnaire. Mais la société civile, elle, est fertile en initiatives. Ce que nous prônons, avec notre concept d’Oasis en tout lieu, ce n’est pas de l’autarcie, mais de l’autonomie. J’ai confiance. Comme disait Victor Hugo, “rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue”." 

 Pierre Rahbi





Lire l'article sur le film de CDurable

Au nom de la terre



Quel est le but ultime de votre vie ? Pour seulement un sur dix millions d'habitants, cette réponse est, "Lumières". Pour tous les autres, leur réponse est d'être couronné de succès, riche, puissant, etc...

UNITY est un film pour tous ceux qui ont faim d'un sens plus profond à l'existence, et d'une voie de vie plus unifiée avec l'autre, avec toutes les expressions de la vie. Imaginez un monde qui ne repose pas sur les contraires (eux / nous, riche / pauvre, noir / blanc, gay / hétéro, animal / humain  etc), mais plutôt un monde perçu en tant que plénitude. UNITY présente la notion d'un monde dans lequel nous sommes tous de valeur égale, même si nous ne sommes pas semblables : humain, animal ou végétal.









"La majorité d'entre nous veulent la sécurité d'aimer et d'être aimé, mais qu'est-ce que l'amour ?
Tout le monde parle de l'amour. Chaque magazine, chaque journal et chaque missionnaire parle de l'amour éternel.
Est-ce que l'amour est une idée ?
Alors, lorsque nous demandons ce qu'est l'amour, nous pouvons être tellement effrayé de voir la réponse, de voir cette chose extraordinaire, que l'homme a cherché sans fin. D'aimer sans haine, sans jalousie, sans colère. De ressentir la douleur de toute créature au fond de notre propre coeur.
Voilà la compassion.
C'est non-duel. C'est l'unité.
La beauté n'est pas ce que vous voyez. Il n'est de beauté que lorsque votre coeur et votre esprit sait ce que l'amour est.
Voilà le principe universel de la compassion... parmi tant d'autres, un.
Et pourtant, comme Dante disait: "vois la brève farce de ces biens, qui commis à la bataille de la fortune, sont recherchés par vous avec tant d'âpreté".
Plus de guerre. Plus de racisme. Plus de sexisme. Plus de spécisme.
Cette séparation de l'intégrité est le seul manque de ce monde, qu'est le nôtre.
Parce que nous sommes tous comme un, il n'y aura plus besoin de tribus.
Plus de races particulières, de cultures ou de peuples élus.
Plus de tensions opposées.
A la place d'une race limitée, un Tout universel sans limite.
Voici l'éveil
Alors l'amour n'a pas d'opposé. Alors l'amour n'a pas de conflit.
L'humanité est bien plus qu'une unité, elle est une entité complète, conçue de toute la vie consciente, constituée de tous les terriens, de tous les êtres vivants.
Elle est une Grande Unité.
Aucune part, aucun être ne peut se séparer du Tout. Humain. Animal. Arbre.
Non semblables, mais égaux.
Vous savez que l'unité de l'humanité est essentiel et que l'amour est la seule voie."

Bande-Annonce du film :
Unity .


Pamela Anderson 
Jennifer Aniston (Friends)
Kristen Bell (Veronica Mars)
Eve Best (Nurse Jackie)
Brandon Boyd (Incubus)
Rose Byrne (Bridesmaids)
Jesse Carmichael (Maroon 5)
Jessica Chastain (Zero Dark Thirty, Tree of Life)
Deepak Chopra (author)
Gregory Colbert (Ashes & Snow)
Common (Smokin Aces)
David Copperfield (illusionist)
Marion Cotillard (The Dark Knight Rises)
Ellen Degeneres (comedian)
David Deluise (Wizards of Waverly Place)
Portia de Rossi (Arrested Development)
Emily Deschanel (Bones)
Phil Donahue (journalist)
Dr. Dre (producer, musician)
Minnie Driver (Good Will Hunting)
Allison Eastwood (Midnight in the Garden of Good and Evil)
Arian Foster (pro football player)
Claire Forlani (Meet Joe Black)
Jorja Fox (CSI)
Kathy Freston (author)
Michael Gambon (Harry Potter)
Balthazar Getty (Brothers & Sisters)
Jeff Goldblum (Jurassic Park)
Caroline Goodall (Schindler’s List)
Adrian Grenier (Entourage)
Beth Hart (singer)
Rutger Hauer (Blade Runner)
Marcia Gay Harden (Pollock)
Tony Hawk (pro skater)                                                                                                          

Tom Hiddleston (The Avengers, Thor)
Missy Higgins (singer, songwriter)
Anjelica Huston (Smash)
Famke Janssen (X-Men)
January Jones (Mad Men)
Tony Kanal (No Doubt)
Ben Kingsley (Iron Man 3, Hugo)
David LaChapelle (photographer)
Adam Levine (Maroon 5)
Tim McIlrath (Rise Against)
Leighton Meester (Gossip Girl)
Helen Mirren (The Queen)
Moby (musician)
Matthew Modine (Full Metal Jacket)
Carrie-Anne Moss (The Matrix)
Jason Mraz (singer)
Edward James Olmos (Battlestar Galactica)
Ryan O'Neal (Love Story, Barry Lyndon)
Julia Ormond (Legends of the Fall)
Aaron Paul (Breaking Bad)
Joaquin Phoenix (Gladiator, Walk the Line)
Freida Pinto (Slumdog Millionaire)
Maggie Q (Nikita)
Matthieu Ricard (author)
Michelle Rodriguez (Avatar, Fast & Furious)
Geoffrey Rush (The King’s Speech, Pirates of the Caribbean)
Zoe Saldana (Avatar, Star Trek)
Susan Sarandon (Thelma & Louise)
Liev Schreiber (Salt, Defiance)
Amanda Seyfried (Les Miserables)
Russell Simmons (producer)
Kevin Spacey (American Beauty)
Mark Strong (Sherlock Holmes)
Catherine Tate (The Office)
Larenz Tate (House of Lies)
Shaun Toub (The Kite Runner)
Ben Whishaw (Skyfall, Cloud Atlas)
Persia White (Girlfriends)
Kristen Wiig (Saturday Night Live)
Olivia Wilde (Tron: Legacy)
Marianne Williamson (author)
Anton Yelchin (Star Trek)

Unity


"Aujourd'hui, dans la nuit du monde et dans l'espérance, j'affirme ma foi dans l'avenir de l'humanité. 

Je refuse de croire que les circonstances actuelles rendent les hommes incapables de faire une terre meilleure. Je refuse de partager l'avis de ceux qui prétendent l'homme à ce point captif de la nuit que l'aurore de la paix et de la fraternité ne pourra jamais devenir une réalité. 

Je crois que la vérité et l'amour, sans conditions, auront le dernier mot effectivement. La vie, même vaincue provisoirement, demeure toujours plus forte que la mort. Je crois fermement qu'il reste l'espoir d'un matin radieux, je crois que la bonté pacifique deviendra un jour la loi. Chaque homme pourra s'asseoir sous son figuier, dans sa vigne, et plus personne n'aura plus de raison d'avoir peur."  

Martin Luther King

Avenir



"L'esprit qui s'est accoutumé à la liberté et à l'impartialité de la contemplation philosophique, conservera quelque chose de cette liberté et de cette impartialité dans le monde de l'action et de l'émotion; il verra dans ses désirs et dans ses buts les parties d'un tout, et il les regardera avec détachement comme les fragments infinitésimaux d'un monde qui ne peut être affecté par les préoccupations d'un seul être humain. 

L'impartialité qui, dans la contemplation, naît d'un désir désintéressé de la vérité, procède de cette même qualité de l'esprit qui, à l'action, joint la justice, et qui, dans la vie affective, apporte un amour universel destiné à tous et non pas seulement à ceux qui sont jugés utiles ou dignes d'admiration. 

Ainsi, la contemplation philosophique exalte les objets de notre pensée, et elle ennoblit les objets de nos actes et de notre affection ; elle fait de nous des citoyens de l'univers et non pas seulement des citoyens d'une ville forteresse en guerre avec le reste du monde. C'est dans cette citoyenneté de l'univers que résident la véritable et constante liberté humaine et la libération d'une servitude faite d'espérances mesquines et de pauvres craintes.

Résumons brièvement notre discussion sur la valeur de la philosophie : la philosophie mérite d'être étudiée, non pour y trouver des réponses précises aux questions qu'elle pose, puisque des réponses précises ne peuvent, en général, être connues comme conformes à la vérité, mais plutôt pour la valeur des questions elles-mêmes ; en effet, ces questions élargissent notre conception du possible, enrichissent notre imagination intellectuelle et diminuent l'assurance dogmatique qui ferme l'esprit à toute spéculation; mais avant tout, grâce à la grandeur du monde que contemple la philosophie, notre esprit est lui aussi revêtu de grandeur et devient capable de réaliser cette union avec l'univers qui constitue le bien suprême".

Spirit


B, Russell, Problèmes de philosophie (1912),
Éd. Pavot, 1975, pp. 185-186.

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