Prends ton sourire
Et donne-le à celui qui n'en a jamais eu


Prends un rayon de soleil
Et fais-lui percer les ténèbres






Découvre une source
Et purifie celui qui est dans la boue


Prends une larme
Et dépose-la sur le visage de celui qui ne sait pas pleurer






Prends le courage
Et mets-le au coeur de celui qui ne peut plus lutter


Découvre un sens à la vie
Et partage-le avec celui qui ne sais plus où il va

Prends dans tes mains l'Espérance
Et vis dans la lumière de ses rayons







Prends la bonté
Et donne-la à celui qui ne sais pas donner


Découvre l'amour
Et fais-le connaître à tous.


Mahatma Gandhi 




Le don


Toutes sortes d'enfants, blonds, lumineux, vermeils,
Dont le bleu paradis visite les sommeils
Quand leurs yeux sont fermés la nuit dans les alcôves,
Sont là, groupés devant la cage aux bêtes fauves ;
Ils regardent. Ils ont sous les yeux l'élément,
Le gouffre, le serpent tordu comme un tourment,
L'affreux dragon, l'onagre inepte, la panthère,
Le chacal abhorré des spectres, qu'il déterre,
Le gorille, fantôme et tigre, et ces bandits,
Les loups, et les grands lynx qui tutoyaient jadis
Les prophètes sacrés accoudés sur des bibles ;
Et, pendant que ce tas de prisonniers terribles
Gronde, l'un vil forçat, l'autre arrogant proscrit,
Que fait le groupe rose et charmant ? Il sourit.

L'abîme est là qui gronde et les enfants sourient.

Ils admirent. Les voix épouvantables crient
Tandis que cet essaim de fronts pleins de rayons,
Presque ailé, nous émeut comme si nous voyions
L'aube s'épanouir dans une géorgique,
Tandis que ces enfants chantent, un bruit tragique
Va, chargé de colère et de rébellions
Du cachot des vautours au bagne des lions.

Et le sourire frais des enfants continue.




Devant cette douceur suprême, humble, ingénue,
Obstinée, on s'étonne, et l'esprit stupéfait
Songe, comme aux vieux temps d'Orphée et de Japhet,
Et l'on se sent glisser dans la spirale obscure
Du vertige, où tombaient Job, Thalès, Épicure,
Où l'on cherche à tâtons quelqu'un, ténébreux puits
Où l'âme dit : Réponds ! où Dieu dit : Je ne puis !



Oh ! si la conjecture antique était fondée,
Si le rêve inquiet des mages de Chaldée,
L'hypothèse qu'Hermès et Pythagore font,
Si ce songe farouche était le vrai profond ;
La bête parmi nous, si c'était là Tantale !
Si la réalité redoutable et fatale
C'était ceci : les loups, les boas, les mammons
Masques sombres, cachant d'invisibles démons !
Oh ! ces êtres affreux dont l'ombre est le repaire,
Ces crânes aplatis de tigre et de vipère,
Ces vils fronts écrasés par le talon divin,
L'ours, rêveur noir, le singe, effroyable sylvain,
Ces rictus convulsifs, ces faces insensées,
Ces stupides instincts menaçant nos pensées,
Ceux-ci pleins de l'horreur nocturne des forêts,
Ceux-là, fuyants aspects, flottants, confus, secrets,
Sur qui la mer répand ses moires et ses nacres,
Ces larves, ces passants des bois, ces simulacres,
Ces vivants dans la tombe animale engloutis,
Ces fantômes ayant pour loi les appétits,
Ciel bleu ! s'il était vrai que c'est là ce qu'on nomme
Les damnés, expiant d'anciens crimes chez l'homme,
Qui, sortis d'une vie antérieure, ayant
Dans les yeux la terreur d'un passé foudroyant,
Viennent, balbutiant d'épouvante et de haine,
Dire au milieu de nous les mots de la géhenne,
Et qui tâchent en vain d'exprimer leur tourment
A notre verbe avec le sourd rugissement ;
Tas de forçats qui grince et gronde, aboie et beugle ;
Muets hurlants qu'éclaire un flamboiement aveugle ;
Oh ! s'ils étaient là. nus sous le destin de fer,
Méditant vaguement sur l'éternel enfer ;
Si ces mornes vaincus de la nature immense
Se croyaient à jamais bannis de la clémence ;
S'ils voyaient les soleils s'éteindre par degrés,
Et s'ils n'étaient plus rien que des désespérés ;
Oh ! dans l'accablement sans fond, quand tout se brise,
Quand tout s'en va, refuse et fuit, quelle surprise,
Pour ces êtres méchants et tremblants à la fois,
D'entendre tout à coup venir ces jeunes voix !
Quelqu'un est là ! Qui donc ? On parle ! ô noir problème !
Une blancheur paraît sur la muraille blême
Où chancelle l'obscure et morne vision.
Le léviathan voit accourir l'alcyon !
Quoi ! le déluge voit arriver la colombe !
La clarté des berceaux filtre à travers la tombe
Et pénètre d'un jour clément les condamnés !
Les spectres ne sont point haïs des nouveau-nés !
Quoi ! l'araignée immense ouvre ses sombres toiles !
Quel rayon qu'un regard d'enfant, saintes étoiles !
Mais puisqu'on peut entrer, on peut donc s'en aller !
Tout n'est donc pas fini ! L'azur vient nous parler !
Le ciel est plus céleste en ces douces prunelles !
C'est quand Dieu, pour venir des voûtes éternelles
Jusqu'à la terre, triste et funeste milieu,
Passe à travers l'enfant qu'il est tout à fait Dieu !
Quoi ! le plafond difforme aurait une fenêtre !
On verrait l'impossible espérance renaître !
Quoi ! l'on pourrait ne plus mordre, ne plus grincer !
Nous représentons-nous ce qui peut se passer
Dans les craintifs cerveaux des bêtes formidables ?
De la lumière au bas des gouffres insondables !
Une intervention de visages divins !



La torsion du mal dans les brûlants ravins
De l'enfer misérable est soudain apaisée
Par d'innocents regards purs comme la rosée !
Quoi ! l'on voit des yeux luire et l'on entend des pas !
Est-ce que nous savons s'ils ne se mettent pas,
Ces monstres, à songer, sitôt la nuit venue,
S'appelant, stupéfaits de cette aube inconnue
Qui se lève sur l'âpre et sévère horizon ?
Du pardon vénérable ils ont le saint frisson ;
Il leur semble sentir que les chaînes les quittent ;
Les échevèlements des crinières méditent ;
L'enfer, cette ruine, est moins trouble et moins noir ;
Et l'oeil presque attendri de ces captifs croit voir
Dans un pur demi-jour qu'un ciel lointain azure
Grandir l'ombre d'un temple au seuil de la masure.
Quoi ! l'enfer finirait ! l'ombre entendrait raison !
Ô clémence ! ô lueur dans l'énorme prison !
On ne sait quelle attente émeut ces cœurs étranges.

Quelle promesse au fond du sourire des anges !

Victor Hugo.



Toutes sortes d'enfant




Et parmi toutes les vanités de la vie, il n'y a qu'une seule chose que l'esprit aime et dont il ait besoin.

Une chose éblouissante et unique. C'est un éveil dans l'esprit, c'est un éveil dans les profondeurs intérieures du cœur, c'est une puissance irrésistible et magnifique qui s'abat soudainement sur la conscience de l'homme et lui ouvre les yeux.






C'est une flamme qui se déchaîne subitement dans l'esprit, brûle et purifie le cœur, s'élevant au-dessus de la terre et planant dans le vaste ciel.






Khalil GIBRAN

Eveil



Nature is speaking : écoutez le vibrant message de Mère Nature par Découverte

Vous est-il arrivé une fois d'entendre la terre parler ?
Je vous allaite dès votre naissance et jusqu'à la fin de votre vie...
Je vous reçois, je vous accueille je me fais lit pour vous accueillir.
Je vous donne mes odeurs pour vous égayer,
Je vous sucre, je vous pastèque, je vous mandarine, je vous fleure, je vous jasmine
Je vous donnes les fruits de mes entrailles
Je vous emmène dans ma mémoire jusqu'à vos ancêtres
Je me tapisse de neige pour vous distraire et de sable pour vous plaire.
Je me grotte, je me roche, je minéralise
Je cicatrice vos blessures.
Je vous porte, je vous emporte,
Sur chacun de vous il y a mes empreintes, mes couleurs, mes accents,
C'est sur moi que tout s'appuie, votre équilibre...
Ne vous ai-je pas ouvert mon ventre pour répondre à vos besoins ?
Si je disparaissais où pourriez-vous planter vos arbres ?
Si je retirais mes eaux que pourriez-vous boire ?
Je vous offre mes beautés... Je vous aère.
Vous est-il arrivé une fois d'entendre la terre parler ?

Raouf Ben Yaghlane

La Terre parle



« En réaffirmant leur relation avec la nature sauvage, les femmes reçoivent le don d’une observatrice intérieure permanente, une personne sage, visionnaire, intuitive, un oracle, une inspiratrice, quelqu’un qui écoute, crée, réalise, guide, suggère, qui insuffle une vie vibrante au monde intérieur et au monde extérieur. Quand les femmes sont dans la proximité de cette nature, il émane d’elles une lumière.

Le mot sauvage n’est donc pas utilisé ici en son sens moderne, péjoratif, d’échapper à tout contrôle, mais en son sens originel de vivre une vie naturelle. Les mots femme et sauvage créent une métaphore qui décrit la force fondatrice de l’espèce féminine. »





« Une femme saine est comme une louve : robuste, pleine comme un œuf, débordante de vitalité, consciente de son territoire, donneuse de vie, inventive, loyale, bougeant beaucoup. Séparée de la nature sauvage, sa personnalité s’affaiblit, s’étiole, devient spectrale. »
« La nature sauvage a dans son sac à médecine tout ce qu’il faut pour soigner. Elle a tout ce dont une femme a besoin, tout ce qu’elle a besoin de savoir. Elle a les histoires, les rêves, les mots, les chansons, les signes et les symboles. Elle est le véhicule et la destination. »
Être une femme sauvage signifie : « …marquer son territoire, trouver sa bande, être bien dans son corps, fière de son corps, sans tenir compte de ses qualités et de ses limites, parler et agir en son nom propre, être en éveil, en alerte, utiliser ses pouvoirs féminins innées que sont l’intuition et le fait de sentir les choses, intégrer ses propres rythmes, découvrir sa véritable appartenance, se montrer digne, conserver le plus possible de conscience. »


Femmes qui courent avec les loupsClarissa Pinkola Estés 


Femme sauvage


Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!
Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
Vous me connaissez, vous! - vous m'avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d'eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m'occupent tout un jour.
La contemplation m'emplit le coeur d'amour.
Vous m'avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l'esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l'oeil dans l'herbe profonde,
L'étude d'un atome et l'étude du monde.
Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu,
Arbres, vous m'avez vu fuir l'homme et chercher Dieu!
Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches,
Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s'élance,
Et je suis plein d'oubli comme vous de silence!
La haine sur mon nom répand en vain son fiel ;
Toujours, - je vous atteste, ô bois aimés du ciel! -
J'ai chassé loin de moi toute pensée amère,
Et mon coeur est encor tel que le fit ma mère!

Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des autres sourds,
Ravins où l'on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives!
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m'entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu'un de grand qui m'écoute et qui m'aime!
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt! c'est dans votre ombre et dans votre mystère,
C'est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m'endormirai.

Victor Hugo

Aux arbres


Commentaire du Capitaine Paul Watson

“Je ne suis pas ce que vous appelez un homme civilisé, Professeur ! J’ai rompu avec la société tout entière pour des raisons que moi seul j’ai le droit d'apprécier.” - Capitaine Nemo (Jules Verne)



Le drapeau pirate de Sea Shepherd, avec le navire ravitailleur Sun Laurel à l’arrière-plan. Photo: Simon AgerLe drapeau pirate de Sea Shepherd, avec le navire ravitailleur Sun Laurel en arrière-plan. Photo: Simon AgerBon sang, mes chéris, nous sommes des pirates !

Il faut un pirate pour arrêter un pirate, c’est la raison pour laquelle le logo de la Sea Shepherd Conservation Society est un drapeau pirate. Oui, nous sommes des pirates ! Je n’ai pas l’intention de le nier. En haute mer, nous sommes bel et bien des fripons. Nous choisissons les étoiles qui guideront notre route, et nous allons où le devoir nous appelle. Nous ne répondons qu’à ceux à qui nous avons juré fidélité et c’est en leur nom que nous intervenons contre leurs ennemis pour défendre et protéger leurs vies et leur liberté.
Au cours du temps, on nous a affublés de bien des noms, dont certains étaient appropriés, mais je n’ai aucunement l’intention d’entamer une discussion sur ce sujet. C’est parce qu’on nous traitait de pirates que j’ai pris comme modèle le drapeau pirate et que je l’ai redessiné pour représenter les valeurs que nous défendons. La crosse de berger et le trident de Neptune qui se croisent symbolisent la protection de la vie dans les océans et notre détermination à lutter pour les droits des animaux marins à survivre et à être libres de rester ce qu’ils sont dans la mer. La tête de mort représente la mort que l’humanité sème dans les océans et la baleine et le dauphin formant le symbole du yin et du yang symbolisent notre désir de restaurer l’équilibre marin et de rétablir la grâce du dauphin et la sagesse de la baleine. C’est aussi l’œil d’une baleine qui m’a donné l’idée, il y a si longtemps déjà, de fonder Sea Shepherd.

Après tout, ce n’est pas la marine britannique qui a mis fin à la piraterie aux Caraïbes au XVIIe siècle. Le mérite en revient à Henry Morgan, un pirate. Et c’est le pirate Jean Lafitte qui a défendu la Nouvelle-Orléans avec Andrew Jackson en 1814. C’est le pirate John Paul Jones qui a fondé la marine américaine et la marine russe, il y a deux siècles. Ce sont les pirates Sir Francis Drake et Sir Walter Raleigh qui ont servi Sa Majesté la reine Élisabeth I avec une grande distinction. En un mot, les pirates obtiennent des résultats concrets sans formalités bureaucratiques.

Oui, nous sommes des pirates mais des pirates disciplinés qui ont un code d’honneur particulier. Ce code nous interdit de tuer ou de blesser nos ennemis et nous oblige à agir dans le cadre des lois internationales de conservation, ce qui signifie que nous ne combattons que l’exploitation illégale de la faune marine. Nous sommes une organisation anti-braconnage.
Nous sommes des pirates chasseurs de pirates, un peu comme le personnage de Dexter dans la célèbre série télévisée du même nom et nous choisissons nos cibles de façon très précise. Nous ne visons pas les activités légales, même lorsque nous les désapprouvons. Nous ne sommes pas une organisation de protestation. Nous ne brandissons pas des calicots, nous intervenons contre des illégalités.

C’est ainsi que certains ont dit que nous étions une milice. Nous agissons effectivement comme une milice là où la loi existe sans être appliquée et où un vide est créé. Sea Shepherd agit là où la loi n’est pas appliquée ou n’a pas pu l’être. Notre justification est la Charte mondiale des Nations Unies pour la nature, qui permet aux organisations non gouvernementales et aux individus d’intervenir pour faire appliquer le droit international en matière de protection de la nature. Sea Shepherd est une milice de pirates qui agit en haute mer, mais qui est tenue par un code d’honneur de ne tuer ni de ne blesser personne.

Greenpeace nous condamne en disant que nous sommes violents. Pourtant, nous n’avons jamais blessé personne. Tout ce que nous avons fait dans le passé, c’est de détruire des biens mais seulement quand ces biens étaient utilisés pour détruire des vies illégalement. Nous considérons de telles actions comme non-violentes et nous parlons de non-violence agressive, car même Martin Luther King avait fait remarquer que la violence ne pouvait pas s’exercer contre des biens. “Je sais que beaucoup font la grimace quand il est question de faire une distinction entre les biens et les personnes, qui seraient les uns et les autres sacrosaints. Ma conception n’est pas aussi rigide. La vie est sacrée. Un bien est fait pour servir les vivants et quels que soient les droits et le respect dont nous pouvons l’entourer, il n’existe pas en tant que personne. Il fait partie de la terre sur laquelle l’homme marche: ce n’est pas un être humain.” - Dr. Martin Luther King Jr., The Trumpet of Conscience, 1967.

Notre conception est donc que la destruction d’un harpon, d’un fusil, d’un gourdin ou d’une palangre est un acte de non-violence puisqu’elle a pour résultat de prévenir la cruauté et d’éviter la souffrance et la mort d’un être sensible.
Sea Shepherd n’a jamais perdu un seul membre d’équipage et aucun n’a jamais été grièvement blessé. Par ailleurs, Sea Shepherd n’a jamais été inculpée de délit ni de crime et n’a jamais été non plus condamnée au civil. Mais Greenpeace nous accuse d’être violents alors même que Greenpeace a connu des morts, des blessés, des condamnations pénales et de nombreux procès civils.

Mais nous ne pouvons pas vraiment reprocher à Greenpeace ni à une autre organisation connue de s’opposer à nous, parce que, finalement, la vérité est que… nous sommes des pirates! Et en tant que pirates, nous sommes un peu les call-girls du mouvement écologiste, dans le sens où tous les militants nous applaudissent et nous approuvent en secret mais ne veulent pas que le public s’en aperçoive. Cela ne nous dérange pas plus que cela.

On nous a aussi traités d’éco-terroristes. Il faut dire que, de nos jours, quiconque a une opinion différente est qualifié de terroriste. Le mot terroriste avait autrefois un sens et c’était un mot qui suscitait la peur mais aujourd’hui, alors que Sa Sainteté le Dalaï-lama est officiellement considérée comme un ‘terroriste’ par la Chine, cela ne nous dérange pas d’être appelés ainsi. Notre réponse est simple. Nous ne nous cachons pas dans une grotte en Afghanistan et nos accusateurs ont toute latitude de nous arrêter ou de cesser de prononcer toutes ces paroles creuses avant d’avoir complètement annihilé le sens et le pouvoir d’un tel mot. Non, nous ne sommes certainement pas des éco-terroristes et la preuve en est que nous ne sommes pas en prison, pas plus que nous ne sommes des salariés de BP ou de Mitsubishi.

Nous autres, fiers pirates de Sea Shepherd, cela ne nous pose pas de problème d’être condamnés par les forces de destruction qui sévissent sur cette planète et cette rhétorique de la condamnation est une constante dans les attaques des baleiniers, des chasseurs de phoques, des pêcheurs de requins, des braconniers et autres pollueurs. Le nombre d’ennemis que nous nous faisons dans cette foule de criminels de l’écologie est pour nous un indice de réussite et de crédibilité.

Les baleiniers, les chasseurs de phoques et autres braconniers de la mer nous haïssent plus qu’ils haïssent n’importe quelle autre organisation à laquelle ils se retrouvent confrontés: ils nous haïssent même jusqu’au fanatisme, à tel point qu’il est amusant de voir toutes les bêtises qu’ils essaient pour tenter de nous arrêter. Si nous n’étions pas une menace, si nous n’étions pas efficaces, nous ne nous serions jamais attiré une animosité aussi passionnelle.

Certaines autres organisations de protection de l’environnement nous combattent aussi, principalement parce que nous ne nous conformons pas à leur idée de ce que nous devrions être. Dès que nous sommes monté au créneau au delà des pétitions, du lobbying, des manifestations et des banderoles, nous sommes tombés en disgrâce auprès d’une grande partie des ‘verts’ mais notre objectif est de faire cesser la chasse à la baleine et non pas de protester contre cette chasse. Et nous ne sommes pas au service des mouvements de protection de l’environnement, nous servons l’écosystème mondial et plus particulièrement l’écosystème marin. Sea Shepherd ne se conforme pas au parti pris ni à l’étroitesse d’esprit des prétendus mouvements de protection de l’environnement. Nous ne sommes ni de droite ni de gauche. D’ailleurs, nous n’avons pas du tout de programme politique. Nous ne sommes peut-être pas politiquement corrects mais nous faisons tout pour être écologiquement corrects. Être écologiquement correct, cela signifie agir conformément aux trois principes essentiels de l’écologie : 
(1) le principe de diversité, 
(2) le principe d’interdépendance et 
(3) le principe de croissance finie. 

Cela signifie aussi faire observer les contradictions réelles plutôt que de les dissimuler sous le couvert d’un politiquement correct social.

Le principe de diversité veut que la diminution du nombre d’espèces ne soit pas souhaitable pour l’intégrité écologique de l’écosystème planétaire. Le principe d’interdépendance veut que toutes les espèces dépendent les unes des autres. Le principe de la croissance finie veut qu’il y ait des limites à la croissance et à la capacité de la planète. Cela signifie que la survie des poissons, des baleines, des vers, des bactéries, des arbres et des humains a la même importance. Cela signifie aussi que nous devons intégrer les droits des autres espèces dans nos propres plans de survie sur cette planète, et cela signifie qu’il faut résoudre les problèmes de surpopulation humaine.

Sea Shepherd agit indépendamment des cultures, des races, des nationalités et des croyances philosophiques. Nous représentons exclusivement les intérêts de l’ensemble des espèces marines, et le point de vue duquel nous nous plaçons est profondément écologique et bio-centrique. En d’autres termes, nous ne nous préoccupons en aucune façon des priorités humaines. C’est ce qui a incité certains à nous traiter de misanthropes. Cela ne nous dérange pas.

Les gens sont libres de nous appeler comme bon leur semble, de nous donner tous les noms possibles et ils sont libres de nous accuser de ce qu’ils veulent. Cela nous est égal car les opinions n’ont pas d’importance et, par ailleurs, comme nous sommes des pirates, la façon dont les gens qui ne sont pas d’accord avec nous nous perçoivent ne nous impressionne pas.

Notre souci, c’est de sauver la vie des espèces marines dont nous sommes les représentants. Tant que nous le faisons dans les limites de la loi et sans causer de dommages à ceux contre qui nous luttons, toute autre préoccupation, opinion, accusation ou condamnation est tout simplement hors de propos.

Nous sommes conscients aussi que nous ne plaisons pas à tout le monde. Certains ne nous aiment pas en raison de ce que nous faisons et de l’identité de ceux auxquels nous nous opposons. Certains approuvent les raisons pour lesquelles nous agissons comme nous le faisons mais s’opposent à nos méthodes. Cela n’a vraiment pas d’importance, car nous accueillons à bras ouverts ceux qui nous soutiennent et nous ne nous préoccupons pas des autres. Nous n’essayons pas de plaire à tout le monde, nous restons en accord avec nous-mêmes et nous ne rendons compte qu’à nous-mêmes.
Sea Shepherd est ce que nous sommes, et cela signifie que nous sommes des interventionnistes déterminés. Il nous arrive de détruire ou de saisir des biens utilisés pour détruire la vie illégalement. Il nous arrive de dire des choses que certains n’aiment pas entendre. Nous sommes inévitablement amenés à faire des choses que certains n’aiment pas. Enfin, il nous arrive parfois d’utiliser des méthodes que certains désapprouvent. Nous nous attendons donc à rencontrer une certaine opposition.

Nous ne sommes pas une grande organisation et nous n’avons aucune intention de le devenir un jour. Nous sommes un équipage de bénévoles, d’activistes et de marins résolus à sauver nos océans de nous-mêmes et de la destruction que leur inflige l’humanité. Nous ne voulons pas d’une structure administrative et nous ne nous préoccupons pas d’être connus ni respectables. Mais enfin, qui a déjà entendu parler d’un pirate respectable ? Nous sommes des agitateurs, des gens qui prennent des risques, des fauteurs de troubles, et nous sommes, eh bien oui, des pirates: nous l’avons toujours été, nous le serons toujours.

Si vous êtes favorable à cette approche, vous pouvez être un pirate à nos côtés. Bienvenue à bord, l'ami.

Pirates !



Je sens que toutes les étoiles palpitent en moi.
Le monde jaillit dans ma vie comme une eau courante;
Les fleurs s'épanouiront dans mon être;
Tout le printemps des paysages et des rivières
monte comme un encens dans mon coeur, et le souffle
de toutes choses chante en mes pensées comme une flûte.
Quand la terre est endormie je viens à ta porte.
Les étoiles sont muettes et j'ai peur de chanter;
J'attends et je veille, jusqu'à ce que ton ombre
passe sur le balcon de la nuit alors je m'en retourne
avec un coeur rempli de toi.
Puis au matin, je chante sur le bord de la route;
les fleurs de la haie me répondent, et l'air matinal écoute.
Les voyageurs s'arrêtent soudain pour me regarder
en face: ils croient que je les ai appelés par leur nom.



Rabindranath Tagore
La corbeille de fruits, in L'Offrande Lyrique

La corbeille de fruits



Femme puissante....

Tu te déplaces dans le monde avec confiance et grâce.
Ton esprit, autrefois téméraire, est maintenant tempéré par la sagesse.

Calmement, mais fermement, tu dis ta vérité sans doute ni hésitation, et la vie que tu mènes est ta propre création.
Tu sais maintenant ce que signifie vivre et tu sais ce qu'est se laisser vivre.

Tu sais combien tu peux demander pour toi-même, et combien tu peux donner.
Tu as un cœur fort et généreux…
Et tu te distingues par la beauté intérieure qui émane de toi.

Telle le Phoenix, tu t'es relevée de tes cendres
Et tu t’es élevée vers un nouveau plan d’existence,
Tu t'es libérée de tes anciennes résistances.

Avec tes sens maintenant intensifiés,
Tu vois tout clairement.
Tu entends le bruissement du vent dans les arbres,
L’invitant à vivre les rêves auxquels tu es si attachée.

Tu sens la douceur de tes mains
Tu songes aussi à leur force.
Tu as appris à exprimer tes besoins et tes désirs.
Tu as goûté l’amertume
Et tu as savouré la douceur des fruits de la vie,
Tu as surmonté les épreuves,
Et repoussé les peines de cœur et les conflits.
Et la seule chose que tu n’avais jamais comprise,
C'est que tu sais maintenant être vraie,
Et que tout commence et tout se termine avec Soi........
Femme....


Sonny Caroll

Femme...

S'engager

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