Je sens que toutes les étoiles palpitent en moi.
Le monde jaillit dans ma vie comme une eau courante;
Les fleurs s'épanouiront dans mon être;
Tout le printemps des paysages et des rivières
monte comme un encens dans mon coeur, et le souffle
de toutes choses chante en mes pensées comme une flûte.
Quand la terre est endormie je viens à ta porte.
Les étoiles sont muettes et j'ai peur de chanter;
J'attends et je veille, jusqu'à ce que ton ombre
passe sur le balcon de la nuit alors je m'en retourne
avec un coeur rempli de toi.
Puis au matin, je chante sur le bord de la route;
les fleurs de la haie me répondent, et l'air matinal écoute.
Les voyageurs s'arrêtent soudain pour me regarder
en face: ils croient que je les ai appelés par leur nom.



Rabindranath Tagore
La corbeille de fruits, in L'Offrande Lyrique

La corbeille de fruits



Femme puissante....

Tu te déplaces dans le monde avec confiance et grâce.
Ton esprit, autrefois téméraire, est maintenant tempéré par la sagesse.

Calmement, mais fermement, tu dis ta vérité sans doute ni hésitation, et la vie que tu mènes est ta propre création.
Tu sais maintenant ce que signifie vivre et tu sais ce qu'est se laisser vivre.

Tu sais combien tu peux demander pour toi-même, et combien tu peux donner.
Tu as un cœur fort et généreux…
Et tu te distingues par la beauté intérieure qui émane de toi.

Telle le Phoenix, tu t'es relevée de tes cendres
Et tu t’es élevée vers un nouveau plan d’existence,
Tu t'es libérée de tes anciennes résistances.

Avec tes sens maintenant intensifiés,
Tu vois tout clairement.
Tu entends le bruissement du vent dans les arbres,
L’invitant à vivre les rêves auxquels tu es si attachée.

Tu sens la douceur de tes mains
Tu songes aussi à leur force.
Tu as appris à exprimer tes besoins et tes désirs.
Tu as goûté l’amertume
Et tu as savouré la douceur des fruits de la vie,
Tu as surmonté les épreuves,
Et repoussé les peines de cœur et les conflits.
Et la seule chose que tu n’avais jamais comprise,
C'est que tu sais maintenant être vraie,
Et que tout commence et tout se termine avec Soi........
Femme....


Sonny Caroll

Femme...






Je ne suis pas un être qui vit..... je suis la Vie .

Je ne suis pas un être qui aime, je suis l'Amour .

Je ne suis pas à espérer la lumière , je suis la Lumière .
Je ne suis pas à m'appliquer à l'empathie, je suis la Compassion 

Je ne m'arrête pas qu'à un groupe de gens,  je suis tout ces Gens .

Je n'accorde pas mon amour à un seul peuple,  je suis tous ces peuples.

Je ne me permets pas de détruire la terre, je suis la Terre .

Je ne vois aucune séparation entre les êtres, les animaux , les végétaux, la terre et tout ce qui est de ce monde et des mondes, 
je suis l'Humanité, l'Unité unifié .

Je ne porte pas le nom d'une croyance, d'une conviction , d'une religion , d'une gloire ou d'un évènement de ce monde , 

je suis ce Monde.

Tant que mon cœur restera dans l'illusion de séparation , sera qu'il n'aura pas encore comprit que la source, le tout , est déjà en moi , en mon amour et ma lumière dans notre unité unifié .




De tout mon cœur, de tout mon être, de toute mon âme, je nous aime en cet Instant et en toute Eternité.



Chantal Gauthier.

Je suis



Chérissez votre vision…

Chérissez vos idéaux…

Chérissez la musique qui s’éveille dans votre cœur,
la beauté qui se forme dans votre esprit,
la beauté qui recouvre vos pensées les plus pures.
Si vous restez fidèles à eux ; votre monde sera enfin construit.

James Allen

Chérissez




Ce n’est pas dans le firmament étoilé, ni dans la splendeur des corolles
que se voit dans toute sa perfection la révélation de l’infini dans le fini qui est le motif de toute création
– c’est dans l’âme de l’homme.
Tagore

Infini



Pour la tradition chrétienne orthodoxe le paradis est un état de conscience ou plus exactement un état de non dualité avec l’Absolu. La vie spatio-temporelle ouvre (ou perd) ses limites et entre dans la vie infinie – c’est ce qu’on appelle encore la Béatitude.
     L’entrée dans ce paradis, ou participation à l’Être Bienheureux ne détruit pas les capacités de connaissance et d’amour de l’être humain, c’est dire que le paradis ne détruit pas le désir ; l’Eros y est plus vivant que jamais.  
     L’ « obscur objet du désir » étant désormais l’Être infini le désir, devient lui-même infini.

     Le manque à la jouissance n’est pas quelque chose d’extérieur à la jouissance dirait Lacan, ce grand lecteur des pères de l’Eglise et particulièrement de Grégoire de Nysse, le but ne se donne que dans le chemin que l’on prend pour y arriver, chercher la jouissance au-delà de la jouissance, c’est l’essence même de la jouissance ; c’est la vie même d’Eros quand il est en « paradis » ; c’est-à-dire, dans cette conscience de l’Être avec lequel il ne fait qu’un et que pourtant il ne saurait saisir « totalement ».
     Pour Grégoire de Nysse, cette vitalité de l’Eros au sein même de l’Agapè s’appelle « l’epectasis » ou « epectase » selon laquelle la divinisation de l’homme, dans le temps et dans le non-temps implique un progrès et un désir sans fin qu’illustre l’image du coureur de l’Épître aux Philippiens, 3, 13 : « Oubliant le chemin parcouru, je vais droit de l’avant, tendu de tout mon être… (epecteinomenos) et je cours vers le but ».
     « Il y a à la fois pour l’âme un aspect de stabilité, de possession, qui est la participation qu’elle a à Dieu et de l’autre un aspect de mouvement qui est l’écart toujours infini de ce qu’elle possède de Dieu et de ce que Dieu est ». (Jean Danielou)




      À la suite de Grégoire de Nysse, Maxime le Confesseur et beaucoup d’autres ont utilisé le thème du désir ou de l’Eros, c’est-à-dire, de l’absence de satiété au sein même de la vision de Dieu (YHWH - l’Être qui est ce qu’il est) pour exprimer l’éternelle nouveauté ou la joie « paradisiaque » alors vécue.
     On retrouve un écho de cette expérience en Occident chez Grégoire le Grand.  Il s’agissait pour lui de concilier deux affirmations antinomiques de l’Ecriture : « Les Anges désirent fixer sur lui leurs regards » (1 P 1, 12) et « Dans le ciel leurs anges voient sans cesse la face de mon Père qui est dans les cieux » (Mt 8, 10) :
     « Si l’on compare ces deux assertions, on constatera qu’elles ne se contredisent en rien.  Car les anges, tout à la fois, voient Dieu et désirent le voir ; ils ont soif de le contempler, et ils le contemplent.  S’ils le désiraient sans jouir de l’effet de leur désir, ce désir stérile serait cause d’anxiété et l’anxiété de souffrance.  Mais les anges bienheureux sont éloignés de toute souffrance d’anxiété, puisque souffrance et béatitude sont incompatibles […].  Pour qu’il n’y ait donc pas d’anxiété dans le désir, ils sont rassasiés tout en désirant et pour que le rassasiement s’entraîne pas de dégoût, ils désirent tout en étant rassasiés […].  Il en sera de même pour nous quand nous viendrons à la source de Vie : nous éprouverons avec délices, tout ensemble, soif et rassasiement.  »  



      Pour dire les choses plus brièvement, je citerai l‘Evangile de Thomas : « c’est un mouvement et c’est un repos » (logion 50) 
      Le paradis est érotique : oui, puisque « c’est un mouvement (eros) et c’est un repos (paradis) ».  
     C’est aussi mon expérience :  
     L’Être qui Est, est là - Dieu ne peut pas être ailleurs que partout, le paradis (donc) est là. 
     Ce qui manque, c’est la conscience de l’Être ou de l’Amour (Agapè) qui est là.
     Le paradis ne peut être qu’érotique, car sans le désir de l’Être qui est là comment pourrais-je le goûter, en avoir conscience, être un avec lui ?

     Ce n’est pas la lumière qui manque à nos yeux, ce sont nos yeux qui manquent à la lumière.  
     Ce n’est pas la vie qui nous manque, c’est le désir (Eros) de vivre.
    Ce n’est pas l’Être, l’Eveil, la Vérité... qui nous  manquent, mais le « désir » de l’Être, de l’Eveil ou de la Vérité...
     Ce n’est pas le paradis qui est perdu, c’est la conscience et le désir du paradis, ces deux ailes d’Eros qui font l’homme angélique, « entier avec un manque », heureux sans être satisfait, toujours au but sans jamais se croire « arrivé » (ce serait la mort).





Jean-Yves Leloup


Crédit Photos : 



Under the waves by Aneta Ivanova, via Behance
mai shiraishi 

Le Paradis est-il érotique ?


Que mes pas me portent dans la beauté
Que mes pas me portent tout le long du jour
Que mes pas me portent à chaque retour des saison
Pour que la beauté me revienne



Beauté des oiseaux
Beauté joyeuse des oiseaux
Que mes pas me portent sur le chemin gorgé de pollen
Que mes pas me portent dans la danse des sauterelles
Que mes pas me portent dans la rosée fraîche



Et que la beauté soit avec moi
Que mes pas me portent vers la beauté qui me précède
Que mes pas me portent vers la beauté qui me succède
Que mes pas me portent vers la beauté du ciel
Que mes pas me portent vers la beauté qui m'entoure



Que mes pas me portent dans la vieillesse
sur un chemin de beauté vivifiée
Que mes pas me portent dans la vieillesse
sur un chemin de beauté, vers une vie nouvelle
Et dans la beauté je marcherai
Dans la beauté je marcherai....



Poème des Navajos

Que mes pas me portent dans la beauté




Ce n’est donc plus aux hommes que je m’adresse; c’est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps: s’il est permis à de faibles créatures perdues dans l’immensité, et imperceptibles au reste de l’univers, d’oser te demander quelque chose, à toi qui as tout donné, à toi dont les décrets sont immuables comme éternels, daigne regarder en pitié les erreurs attachées à notre nature; que ces erreurs ne fassent point nos calamités. 

Tu ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger; fais que nous nous aidions mutuellement à supporter le fardeau d’une vie pénible et passagère; que les petites différences entre les vêtements qui couvrent nos débiles corps, entre tous nos langages insuffisants, entre tous nos usages ridicules, entre toutes nos lois imparfaites, entre toutes nos opinions insensées, entre toutes nos conditions si disproportionnées à nos yeux, et si égales devant toi; que toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution; que ceux qui allument des cierges en plein midi pour te célébrer supportent ceux qui se contentent de la lumière de ton soleil; que ceux qui couvrent leur robe d’une toile blanche pour dire qu’il faut t’aimer ne détestent pas ceux qui disent la même chose sous un manteau de laine noire; qu’il soit égal de t’adorer dans un jargon formé d’une ancienne langue, ou dans un jargon plus nouveau; que ceux dont l’habit est teint en rouge ou en violet, qui dominent sur une petite parcelle d’un petit tas de la boue de ce monde, et qui possèdent quelques fragments arrondis d’un certain métal, jouissent sans orgueil de ce qu’ils appellent grandeur et richesse, et que les autres les voient sans envie: car tu sais qu’il n’y a dans ces vanités ni de quoi envier, ni de quoi s’enorgueillir. Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères!
Qu’ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes, comme ils ont en exécration le brigandage qui ravit par la force le fruit du travail et de l’industrie paisible!
Si les fléaux de la guerre sont inévitables, ne nous haïssons pas les uns les autres dans le sein de la paix, et employons l’instant de notre existence à bénir également en mille langages divers, depuis Siam jusqu’à la Californie, ta bonté qui nous a donné cet instant. 

Voltaire


Photo :

Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères !



Que chacun file son coton
Lettre de Marie Curie à sa nièce Hanna
6 janvier 1913
Chère Hanna,
Tu m'écris que tu aurais voulu vivre il y a un siècle… Irène, elle, m'affirme qu'elle aurait préféré vivre plus tard, dans les siècles à venir. Je pense qu'à chaque époque on peut avoir une vie intéressante et utile. Ce qu'il faut, c'est ne pas la gâcher et pouvoir se dire: « J'ai fait ce que j'ai pu. » C'est tout ce que l'on peut exiger de nous et c'est aussi la seule chose capable de nous apporter un peu de bonheur.
Au printemps dernier, mes filles ont élevé des vers à soie. J'étais très malade encore et, durant des semaines d'inaction forcée, j'ai longuement observé la formation des cocons. Cela m'a énormément intéressée. Ces chenilles si actives, si consciencieuses, travaillant avec tant de bonne volonté et de persévérance, m'ont vraiment impressionnée. En les regardant, je me suis sentie tellement de leur race - quoique peut-être moins bien organisée qu'elles pour le travail. Moi aussi, j'ai toujours tendu patiemment vers un but unique. Je l'ai fait sans avoir la moindre certitude que là était la vérité, en sachant que la vie est fugitive et fragile, qu'elle ne laisse rien derrière elle, que d'autres êtres la conçoivent tout autrement. Je l'ai fait sans doute parce que quelque chose m'y obligeait, tout comme la chenille est obligée de faire son cocon. Elle, la pauvre, doit commencer ce cocon même s'il lui est impossible de l'achever, en travaillant avec le même soin. Et si elle n'arrive pas au bout de la tâche, elle meurt sans métamorphose, sans récompense.
Que chacun de nous, chère Hanna, file son cocon, sans demander pourquoi et à quelle fin.


( Texte : Marie Curie, par Eve Curie, 1983, Gallimard, Folio. Photo :  Love by Fahmi Bhs  )

La chenille

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