La sagesse des arbres me dit à l'oreille :

" Prends du temps pour t'arrêter, te refaire , réfléchir.
Ouvre bien tes yeux et nettoie ton regard.
Descends jusqu'à tes racines, vérifie leur état de santé.
Alors tu trouveras à l'intérieur de toi
assez de force et d'énergie
pour inventer, recommencer à faire
des feuilles au printemps et des fruits à l'automne.
Il te faut consentir à perdre
les feuilles mortes du passé et le bois desséché
pour ne pas alourdir ta marche et te renouveler. "



La sagesse des arbres me dit encore:

" Il n'est pas facile de persévérer à longueur d'années,
malgré la fatigue, les obstacles, les hivers, le grand âge...
Mais je ne vois pas d'autre chemin
pour tenir en équilibre et vivre debout.
Ensemble comme tu vois, on a plus de chance d'y parvenir."

"Et puis tu sais, il y a tant de bonheur, au printemps,
à vivre en symphonie de couleurs et de formes,
à écouter cet hymne de la vie qui sort de tous les pores,
à contempler ce nouvel essor au bout des crises et du désert,
ces envols de liberté et cette foi enracinée sur le roc..."
Sagesse silencieuse comme la lumière,
qui circule avec la sève
en chaque arbre de la forêt...


Sagesse qui voudrait circuler avec le sang
en chaque être humain, sur cette terre.

Amédée BESSET
"Paysages intérieurs"

Paroles de la Forêt



On oppose souvent au saint, le héros et le sage. Le saint peut être l’un et l’autre, bien que cela n’arrive pas toujours : ou du moins est-ce un héros qui se dissimule souvent sous les apparences de la soumission, un sage qui se dissimule souvent sous les apparences de la folie. Il semble que le héros et le sage n’aient affaire qu’à la nature et que la volonté ou la raison aient le pouvoir de la vaincre ou de la régler.


Angela Davis
À l’héroïsme et à la sagesse suffisent des ressources purement humaines et de l’un comme de l’autre il faut dire qu’ils sont bien éloignés de la sainteté. Ils ne proviennent pas de la même source ; ils ne tendent pas vers la même fin. Le héros ne cède pas à la nature : il met sa volonté au-dessus ; dès qu’un conflit se produit, il faut que ce soit sa volonté qui l’emporte, dût-il lui-même succomber. Au contraire le sage cherche un accord avec la nature, il la rend docile à ses fins : il réalise entre la nature et le vouloir une sorte d’équilibre qui assure sa tranquillité intérieure et lui permet de garder à l’esprit son libre jeu. Le héros résiste à l’ordre des événements, même s’il est brisé. Le sage accepte cet ordre en s’y accommodant, mais il lui donne une signification spirituelle.


Martin Luther King
L’un et l’autre n’ont de regard que pour la valeur : mais le premier est toujours prêt à forcer le cours des événements, afin de la faire éclater, et le second à y adhérer, afin de l’obliger à en témoigner. L’un ne voit que des conflits et quelquefois les suscite : l’autre les apaise et cherche une harmonie qu’il n’atteint quelquefois qu’en les évitant.
Il faudrait que le héros n’engageât le combat que lorsque la sagesse même cesse de lui suffire et que ce fût elle encore qui le lui conseillât. Il faudrait que le sage ne refusât jamais l’héroïsme lorsque sa sagesse ne peut être maintenue qu’à ce prix.


T.E. Lawrence
Mais le héros et le sage sont des hommes dont nous savons bien qu’ils ne comptent que sur eux-mêmes pour agir : aussi risquent-ils toujours de tomber. C’est une chose qui nous rend perplexe que de voir que l’on peut être le héros d’une mauvaise cause et que le sage sacrifie parfois le parti le meilleur à l’idée d’un risque qu’il devrait courir. L’héroïsme est toujours éclatant et c’est pour cela qu’il y a un faux héroïsme ; et pourtant il arrive qu’il soit invisible et inaperçu de celui-là même qui l’assume. La sagesse n’est souvent qu’une paix apparente dont on peut dire qu’elle est une fausse sagesse si elle n’est pas la marque de la paix du cœur.



Vo Nguyen Giap
Il semble enfin que l’héroïsme soit un acte et la sagesse un état. Aussi l’héroïsme nous semble toujours se produire dans l’instant, comme s’il était porté par l’événement. Presque toujours il connaît ensuite une chute de tension. Peu de héros sont capables de rester au niveau de l’acte qu’ils ont accompli un jour. On ne le leur demande pas. Un héroïsme continu, dans une vie qui nous oblige sans cesse à le faire renaître et à le soutenir, est au-delà de l’héroïsme. Nous dirons au contraire de la sagesse qu’elle appartient à la durée et non pas à l’instant. L’important est qu’elle ne se laisse pas ébranler. On peut accomplir certains actes avec sagesse : mais la sagesse s’inscrit peu à peu dans notre nature. Elle est acquise, et c’est dans les dernières années de la vie qu’elle porte tous ses fruits.


Thich Nhat Hanh
Quant à la sainteté, on dira qu’elle est indiscernablement un acte et un état ; elle est un état qui non seulement s’exprime par des actes, mais est lui-même un acte toujours présent qui est capable de fléchir, mais qui ne cesse de ressusciter. Aussi faut-il dire que, tandis que l’héroïsme appartient à l’instant, et la sagesse à la durée, la sainteté appartient à l’éternité ; mais elle est l’éternité descendue dans le temps. Et c’est pour cela qu’elle s’exerce toujours dans l’instant, où elle est toujours disponible, prête à se donner et à agir, bien qu’elle remplisse de son unité indivisée toute l’existence et qu’elle ne puisse être réduite ni à l’instant, ni à la somme de tous les instants. Dans l’instant, elle nous ouvre une trouée sur l’éternité, mais c’est une éternité qui ne défaille jamais, qu’on retrouve à travers toute la durée et qui en fait la continuité.

Louis Lavelle.




Louis Lavelle (1883-1951) est professeur agrégé de philosophie. Il enseigne à la Sorbonne.

Il tient la chronique de philosophie du journal « Le Temps », ancêtre lointain du journal le « Monde ».
Il est élu à la chaire de philosophie du collège de France.
Métaphysicien reconnu, pour lui l’intériorité de l’être est un acte toujours en exercice.
Avant Sartre, Lavelle énonce la priorité de l’existence sur l’essence.
Le passage proposé est extrait du livre intitulé « Quatre Saints » (1951).

Source : GARRIGUES ET SENTIERS

Le Saint, le Héros et le Sage



La nature est éternellement jeune, belle et généreuse. Elle verse la poésie et la beauté à tous les êtres, à toutes les plantes, qu'on laisse s'y développer à souhait. Elle possède le secret du bonheur, et nul n'a su le lui ravir. Le plus heureux des hommes serait celui qui, possédant la science de son labeur, et travaillant de ses mains, puisant le bien-être et la liberté dans l'exercice de sa force intelligente, aurait le temps de vivre par le cœur et par le cerveau, de comprendre son œuvre et d'aimer celle de Dieu.


L'artiste a des jouissances de ce genre, dans la contemplation et la reproduction des beautés de la nature ; mais, en voyant la douleur des hommes qui peuplent ce paradis de la terre, l'artiste au cœur droit et humain est troublé au milieu de sa jouissance. Le bonheur serait là où l'esprit, le cœur et les bras, travaillant de concert sous l'œil de la Providence, une sainte harmonie existerait entre la munificence de Dieu et les ravissements de l'âme humaine.

C'est alors qu'au lieu de la piteuse et affreuse mort, marchant dans son sillon, le fouet à la main, le peintre d'allégories pourrait placer à ses côtés un ange radieux, semant à pleines mains le blé béni sur le sillon fumant.

Et le rêve d'une existence douce, libre, poétique, laborieuse et simple pour l'homme des champs, n'est pas si difficile à concevoir qu'on doive le reléguer parmi les chimères. Le mot triste et doux de Virgile: "O heureux l'homme des champs, s'il connaissait son bonheur !" est un regret; mais, comme tous les regrets, c'est aussi une prédiction. 


Un jour viendra où le laboureur pourra être aussi un artiste, sinon pour exprimer (ce qui importera assez peu alors), du moins pour sentir le beau. Croit-on que cette mystérieuse intuition de la poésie ne soit pas en lui déjà à l'état d'instinct et de vague rêverie ? Chez ceux qu'un peu d'aisance protège dès aujourd'hui, et chez qui l'excès du malheur n'étouffe pas tout développement moral et intellectuel, le bonheur pur, senti et apprécié, est à l'état élémentaire ; et, d'ailleurs, si du sein de la douleur et de la fatigue, des voix de poètes se sont déjà élevées, pourquoi dirait-on que le travail des bras est exclusif des fonctions de l'âme ? Sans doute cette exclusion est le résultat général d'un travail excessif et d'une misère profonde; mais qu'on ne dise pas que quand l'homme travaillera modérément et utilement il n'y aura plus que de mauvais ouvriers et de mauvais poètes. Celui qui puise de nobles jouissances dans le sentiment de la poésie est un vrai poète, n'eût-il pas fait un vers dans toute sa vie.



George Sand

 La mare au diable
 1889. Chapitre II : Le labour.
 Texte intégral sur Gallica

Le labour



LÀ OÙ LE PREMIER REGARD de nos yeux ne saisissait que distribution incohérente des altitudes, des terres et des eaux, nous sommes arrivés à nouer un solide réseau de relations vraies. Nous avons animé la terre en lui communiquant quelque chose de notre unité.

Or, voici que, par un fécond rejaillissement, cette vie, que notre intelligence a infusée à la plus grande masse matérielle qu’il nous soit donné de toucher, tend à remonter en nous sous une forme nouvelle .





Après avoir donné, dans notre vision, à la terre de fer et de pierre sa " personnalité ", il nous arrive de sentir un désir contagieux de construire nous-mêmes, à [133] notre tour, avec la somme de nos âmes, un édifice spirituel aussi vaste que celui que nous contemplons, sorti du travail des causes géogéniques. Tout autour de la sphère rocheuse s’étend une véritable couche de matière animée, la couche des vivants et des humains, la biosphère. 

La grande valeur éducative de la géologie, c’est qu’en nous découvrant une terre vraiment une, une terre qui ne fait qu’un seul corps puisqu’elle a un visage, elle nous rappelle les possibilités d’organisation toujours plus haute déposées dans la zone de pensée qui enveloppe le monde. 

En vérité, il n’est pas possible de fixer habituellement les yeux sur les grands horizons découverts par la science, sans que sourde un désir obscur de voir se lier entre les hommes une connaissance et une sympathie croissantes, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus, enfin, sous l’effet de quelque attraction divine, qu’un cœur et qu’une âme sur la face de la terre.







Pierre Teilhard de Chardin, Hymne de l’Univers

Un coeur et une âme sur la face de la terre.



Un enfant naît avec sept dons naturels.

Le premier est l’innocence, le second est l’ouverture d’esprit, le troisième est l’imagination, le quatrième est la confiance, le cinquième est une passion pour la vie, le sixième est la compassion pour la vie, le septième est le courage.

Voilà les dons que le monde tente de dérober à chaque enfant, en les remplaçant par sept traits inférieurs comme la culpabilité, l’étroitesse d’esprit, le conformisme, le doute, l’apathie, l’insensibilité et la peur.



Comme Gédéon, j’ai découvert la face sombre de l’humanité quand j’étais encore enfant, lorsque j’ai vu assommer un bébé phoque pour la première fois. Mais j’ai aussi eu la joie de voir les baleines et de nager au milieu des castors, des dauphins, des phoques et des poissons.

Mon enfance m’a donné pour toute ma vie l’amour des autres créatures et de la nature, et pour toute ma vie aussi la passion de défendre et protéger. Elle m’a aussi fait entrevoir les choses auxquelles je ne voulais pas prendre part. Lorsque j’étais enfant, je me disais que je ferais cesser le massacre des phoques et que je protègerais les animaux sauvages.



Mes expériences enfantines ont modelé mon évolution en tant qu’adulte, et je n’ai jamais perdu cette innocence, j’ai gardé un esprit ouvert, nourri mon imagination et conservé ma confiance, ma passion et ma compassion, et renforcé mon courage.

Les livres que j’ai lus, les oiseaux dont le chant m’a émerveillé, les animaux que j’ai vus, les grands professeurs que j’ai écoutés et l’amour qui emplissait constamment mon cœur m’ont gardé sur la voie de la compassion.





Chaque enfant a le potentiel pour la grandeur, et cette grandeur peut être nourrie simplement en ne renonçant pas aux sept vertus positives pour les remplacer par les sept traits négatifs.

Les rêves d’un enfant peuvent se réaliser s’il ne perd pas les sept dons naturels qu’il reçoit à la naissance. Le secret est simple. Suivez votre cœur, et souvenez-vous que votre cœur n’a jamais tort.



Capitaine Paul Watson

Ce texte est la préface de notre livre "Gédéon et la plage rouge", un livre pour enfants sur les massacres de globicéphales aux iles Féroé

Sea Shepherd France

Photo : Genetikmonoeil Bpbo

Un enfant naît avec sept dons naturels


Je veux écrire pour la beauté du regard, pour la pureté du langage. Je veux écrire pour essayer de rejoindre le vieil horizon, si net, pareil à un fil, et le ciel clair au-dessus de la mer. Je veux écrire pour être près des nuages blancs dans le ciel sombre, près de la lumière serrée du soleil, près des cimes des montagnes, là où seuls vont les éperviers. Je veux essayer d’être immédiatement là où mon regard se termine, là où il s’agrandit et reçoit sa joie. 


Je veux écrire pour être du côté des animaux, des enfants, du côté de ceux qui voient le monde tel qu’il est, qui connaissent toute sa beauté. Pour essayer de trouver une parcelle de cette vertu qui ne m’a pas été donnée à la naissance, mais qu’un visage de femme, ou d’enfant, au hasard de la foule un jour m’a montrée, comme le reflet d’une lueur étrangère aussi belle que le jour. Je veux écrire pour que cette clarté dure encore quelques instants, pour que le monde réel, vivace, reste encore quelques secondes dans la musique des mots. (…)



Je veux écrire pour une autre parole, qui ne maudisse pas, qui n’exècre pas, qui ne vicie pas, qui ne propage pas de maladie. Quand le monde, à l’aube, est tendu, transparent et pur comme une gemme, air clair, mer bleue, rochers étincelants, ciel immense, horizon où les vagues sont visibles ; quand le monde, à midi, est parcouru de terrible victorieuse lumière, et que les arbres sont incendiés, et que l’asphalte mou reçoit les marques de pneu des voitures ; quand le monde glisse dans le crépuscule du soir lentement, s’apaise parmi ombres et fumées ; quand le monde est dans la nuit noire, froide et dense, et que rutilent les milliers d’étoiles, quelquefois, une seule lune… Comment alors peut-on désirer autre chose, comment peut-on dire autre chose ? Pourquoi l’homme a-t-il trahi le monde ?
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J.M.G Le Clézio, in "Inconnu sur la terre"

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A tous, merci pour votre passage.  Merci pour la curiosité et l'ouverture, qui ouvrent de nouveaux horizons. Merci pour l'attention et la fidélité, qui fortifient le gôut des choses et le lien aux autres. Merci pour votre rayonnement, dans ce grand cercle de la pensée et de l'imagination, où se propagent la lumière du savoir et toutes ses réjouissances futures, toutes offertes et toutes neuves.

Le plaisir et la joie de découvrir chaque jour, que partout dans le monde, les connexions d'idées et de sens se font, me donnent un fort sentiment de gratitude. On voit autour de soi une quête incessante et omniprésente, l'éveil humain et universel. Ceux qui cherchent, s'interrogent et s'imprègnent de la beauté des choses existent partout. L'étincelle des explorateurs de l'esprit vivant luit partout. 

Ce poème est pour vous, vous qui nourrissez cette étincelle, vous qui partagez peut-être aussi l'élan et le désir qui m'ont poussée à partager tout et rien, là et partout, le coeur et l'âme portés et guidés par l'amour et la foi sans borne et sans fin, un culte pur et simple pour toutes les merveilles, grandes et petites, parsemées ici et ailleurs, sur Terre et dans notre Univers. 



De tout coeur, je vous remercie,
vous les doux rêveurs, les coureurs d'utopie,
capteurs d'impossibles et d'idéals.

Vous les chasseurs de lunes et d'étoiles,
visant l'inconnu pour toucher l'infini.

Vous, les jardiniers d'oasis, artistes de la terre
semeurs de fleurs et d'édens dans le désert.

A vous, gardiens de la beauté,
Poètes, sages, soigneurs ou guerriers, 
en vous, la tendre folie, la grâce, le sacré.

A vous les mages, maîtres d'oeuvre, initiés,
ouvriers, éclaireurs et forgeurs de la cité,
en marche pour le monde réenchanté.

Les insistants, les surprenants,
les remuants, les bouleversants,
les hors-champs, les hors-temps, 
merci pour les courants ascendants, 
les envols et les va-de-l'avant.

Les expansifs, les explosifs,
les réactifs, les vifs, les jouissifs, 
qui entraînez l'eau de jouvence, le feu du courage,
l'air de la liberté, dans tous vos sillages.

A vous, les joyeux, les amoureux de la vie,
dans vos coeurs, dans vos esprits,
rayonne encore le paradis.

A vous les frères, artisans de paix,
enfants de l'humanité et génies de l'unité
hier, aujourd'hui, demain, de toute éternité,
merci pour l'espérance, la beauté et sa clarté.





300 000 Mercis


« Tandis qu’autour de moi, tout change et tout meurt, je perçois vaguement, sous ses apparences changeantes, une Force de Vie qui demeure immuable et soutient tous les êtres : créés par Elle, ils s’y dissolvent pour être à nouveau créés. Cette force, cet Esprit qui informe toutes choses n’est autre que Dieu. Et comme nos sens ne nous montrent rien qui subsiste j’en déduis que Dieu seul est. » (MM, 22)



« Cette force est-elle bienveillante ou malveillante ? Pour moi, cela ne fait aucun doute : elle est foncièrement bienveillante. Car la vie persiste au cœur même de la mort, la vérité rayonne en dépit du mensonge qui l’entoure, et la lumière resplendit dans les ténèbres. J’en déduis que Dieu est Vie, Vérité et Lumière. Il est Amour. Il est le Suprême Dieu » (MM, 22)

« Cette croyance en Dieu doit s’appuyer sur la foi qui transcende la raison. Même pour parvenir à ce qu’on appelle la « réalisation » il faut, à la base, le soutien de la foi. C’est voulu par la nature même des choses. » (MM, 22-23.)







« Pour moi, Dieu est Vérité et Amour ; Il est le Bien, source de la morale. En Lui nulle crainte n’est possible. De Lui vient la lumière et la Vie et pourtant Il est au-dessus et au-delà. Dieu est conscience morale. Il est même l’athéisme de l’athée… Il transcende la parole et la raison… » (MGP, I, 421-422.)

| Gandhi, « Tous les hommes sont frères », § 2. RELIGION ET VERITE, Editions Gallimard, 1958,p. 110-113]

Tous les hommes sont frères - Gandhi



Un arbre unique et solitaire fait offrande de ses ramures au ciel incandescent.

Nul ne sait par quel stratagème il a, dès son enfance, échappé à la main prédatrice de l’homme armé de fer, à la dent avide de l’animal famélique, à la rareté de l’eau et au dard du soleil plus que nulle part au sommet de son ardeur.

Alentour est le désert infini submergé de silence séculaire parfois troublé par la rumeur lointaine de troupeaux évanescents allant sur les dunes et les immenses plateaux ensemencés de rocailles.

Ici, l’espace et le temps sont confondus l’un par l’autre tenus, et n’ont d’autre mesure que la démesure de l’éternité. Dans cette vastitude lunaire librement parcourue de bise en février ou de vent en ouragan de sable, rugissant d’une fureur dont on ne sait la raison, l’arbre demeure en patience témoin superbe et pathétique d’un temps révolu.

En m’approchant de la colline où il se tient en vigile de silence, il grandit à mes yeux. Il s’anime à mes oreilles et la main qui en caresse le tronc me dit sa puissance.

Des battements sourds se font entendre. Je ne sais d’abord leur provenance, ils sont de mon propre cœur.

Car ici la rareté de la vie donne à la vie sa vraie mesure. Et en contemplant cet être magnifique drapé des secrets d’une longue histoire qu’il est seul à pouvoir conter, j’imagine ses innombrables compagnons que la terre nourrissait pour en être mieux nourrie.

Et dans cette réciprocité vitale s’exprimait toute l’intelligence de la vie car l’arbre n’est pas seulement racine, tronc, branche et feuillage, il est un pont vertical unissant les forces telluriques à celles du cosmos.

Il est prière incessante adressée à l’univers pour attirer tous les bienfaits de la vie sur la terre et les humains et sur toute créature de la création.

Tuer les arbres hors des nécessités d’une vie simple, c’est commettre un grave préjudice à la vie. C’est un délit passible des plus grandes tristesses. Les arbres disparus, il ne restera plus que vide et solitude et désert jusque dans les cœurs.

Pierre Rabhi





"les Nouvelles" de Terre & Humanisme. Pour vous procurer le journal : http://www.terre-humanisme.org

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