Quel est le but ultime de votre vie ? Pour seulement un sur dix millions d'habitants, cette réponse est, "Lumières". Pour tous les autres, leur réponse est d'être couronné de succès, riche, puissant, etc...
UNITY est un film pour tous ceux qui ont faim d'un sens plus profond à l'existence, et d'une voie de vie plus unifiée avec l'autre, avec toutes les expressions de la vie. Imaginez un monde qui ne repose pas sur les contraires (eux / nous, riche / pauvre, noir / blanc, gay / hétéro, animal / humain etc), mais plutôt un monde perçu en tant que plénitude. UNITY présente la notion d'un monde dans lequel nous sommes tous de valeur égale, même si nous ne sommes pas semblables : humain, animal ou végétal.
"La majorité d'entre nous veulent la sécurité d'aimer et d'être aimé, mais qu'est-ce que l'amour ?
Tout le monde parle de l'amour. Chaque magazine, chaque journal et chaque missionnaire parle de l'amour éternel.
Est-ce que l'amour est une idée ?
Alors,
lorsque nous demandons ce qu'est l'amour, nous pouvons être tellement
effrayé de voir la réponse, de voir cette chose extraordinaire, que
l'homme a cherché sans fin. D'aimer sans haine, sans jalousie, sans
colère. De ressentir la douleur de toute créature au fond de notre
propre coeur.
Voilà la compassion.
C'est non-duel. C'est l'unité.
La beauté n'est pas ce que vous voyez. Il n'est de beauté que lorsque votre coeur et votre esprit sait ce que l'amour est.
Voilà le principe universel de la compassion... parmi tant d'autres, un.
Et
pourtant, comme Dante disait: "vois la brève farce de ces biens, qui
commis à la bataille de la fortune, sont recherchés par vous avec tant
d'âpreté".
Plus de guerre. Plus de racisme. Plus de sexisme. Plus de spécisme.
Cette séparation de l'intégrité est le seul manque de ce monde, qu'est le nôtre.
Parce que nous sommes tous comme un, il n'y aura plus besoin de tribus.
Plus de races particulières, de cultures ou de peuples élus.
Plus de tensions opposées.
A la place d'une race limitée, un Tout universel sans limite.
Voici l'éveil
Alors l'amour n'a pas d'opposé. Alors l'amour n'a pas de conflit.
L'humanité
est bien plus qu'une unité, elle est une entité complète, conçue de
toute la vie consciente, constituée de tous les terriens, de tous les
êtres vivants.
Elle est une Grande Unité.
Aucune part, aucun être ne peut se séparer du Tout. Humain. Animal. Arbre.
Non semblables, mais égaux.
Vous savez que l'unité de l'humanité est essentiel et que l'amour est la seule voie."
Bande-Annonce du film :
Unity .
Pamela Anderson
Jennifer Aniston (Friends)
Kristen Bell (Veronica Mars)
Eve Best (Nurse Jackie)
Brandon Boyd (Incubus)
Rose Byrne (Bridesmaids)
Jesse Carmichael (Maroon 5)
Jessica Chastain (Zero Dark Thirty, Tree of Life)
Deepak Chopra (author)
Gregory Colbert (Ashes & Snow)
Common (Smokin Aces)
David Copperfield (illusionist)
Marion Cotillard (The Dark Knight Rises)
Ellen Degeneres (comedian)
David Deluise (Wizards of Waverly Place)
Portia de Rossi (Arrested Development)
Emily Deschanel (Bones)
Phil Donahue (journalist)
Dr. Dre (producer, musician)
Minnie Driver (Good Will Hunting)
Allison Eastwood (Midnight in the Garden of Good and Evil)
Arian Foster (pro football player)
Claire Forlani (Meet Joe Black)
Jorja Fox (CSI)
Kathy Freston (author)
Michael Gambon (Harry Potter)
Balthazar Getty (Brothers & Sisters)
Jeff Goldblum (Jurassic Park)
Caroline Goodall (Schindler’s List)
Adrian Grenier (Entourage)
Beth Hart (singer)
Rutger Hauer (Blade Runner)
Marcia Gay Harden (Pollock)
Tony Hawk (pro skater)
Tom Hiddleston (The Avengers, Thor)
Missy Higgins (singer, songwriter)
Anjelica Huston (Smash)
Famke Janssen (X-Men)
January Jones (Mad Men)
Tony Kanal (No Doubt)
Ben Kingsley (Iron Man 3, Hugo)
David LaChapelle (photographer)
Adam Levine (Maroon 5)
Tim McIlrath (Rise Against)
Leighton Meester (Gossip Girl)
Helen Mirren (The Queen)
Moby (musician)
Matthew Modine (Full Metal Jacket)
Carrie-Anne Moss (The Matrix)
Jason Mraz (singer)
Edward James Olmos (Battlestar Galactica)
Ryan O'Neal (Love Story, Barry Lyndon)
Julia Ormond (Legends of the Fall)
Aaron Paul (Breaking Bad)
Joaquin Phoenix (Gladiator, Walk the Line)
Freida Pinto (Slumdog Millionaire)
Maggie Q (Nikita)
Matthieu Ricard (author)
Michelle Rodriguez (Avatar, Fast & Furious)
Geoffrey Rush (The King’s Speech, Pirates of the Caribbean)
Zoe Saldana (Avatar, Star Trek)
Susan Sarandon (Thelma & Louise)
Liev Schreiber (Salt, Defiance)
Amanda Seyfried (Les Miserables)
Russell Simmons (producer)
Kevin Spacey (American Beauty)
Mark Strong (Sherlock Holmes)
Catherine Tate (The Office)
Larenz Tate (House of Lies)
Shaun Toub (The Kite Runner)
Ben Whishaw (Skyfall, Cloud Atlas)
Persia White (Girlfriends)
Kristen Wiig (Saturday Night Live)
Olivia Wilde (Tron: Legacy)
Marianne Williamson (author)
Anton Yelchin (Star Trek)
Unity
"Aujourd'hui, dans la nuit du monde et dans l'espérance, j'affirme ma foi dans l'avenir de l'humanité.
Je refuse de croire que les circonstances actuelles rendent les hommes incapables de faire une terre meilleure. Je refuse de partager l'avis de ceux qui prétendent l'homme à ce point captif de la nuit que l'aurore de la paix et de la fraternité ne pourra jamais devenir une réalité.
Je crois que la vérité et l'amour, sans conditions, auront le dernier mot effectivement. La vie, même vaincue provisoirement, demeure toujours plus forte que la mort. Je crois fermement qu'il reste l'espoir d'un matin radieux, je crois que la bonté pacifique deviendra un jour la loi. Chaque homme pourra s'asseoir sous son figuier, dans sa vigne, et plus personne n'aura plus de raison d'avoir peur."
Martin Luther King
"Aujourd'hui, dans la nuit du monde et dans l'espérance, j'affirme ma foi dans l'avenir de l'humanité.
Je refuse de croire que les circonstances actuelles rendent les hommes incapables de faire une terre meilleure. Je refuse de partager l'avis de ceux qui prétendent l'homme à ce point captif de la nuit que l'aurore de la paix et de la fraternité ne pourra jamais devenir une réalité.
Je crois que la vérité et l'amour, sans conditions, auront le dernier mot effectivement. La vie, même vaincue provisoirement, demeure toujours plus forte que la mort. Je crois fermement qu'il reste l'espoir d'un matin radieux, je crois que la bonté pacifique deviendra un jour la loi. Chaque homme pourra s'asseoir sous son figuier, dans sa vigne, et plus personne n'aura plus de raison d'avoir peur."
Martin Luther King
Avenir
A l'heure vespérale où s'orangent les cieux,
J'irai marcher à toi Nature belle et calme
A purifier l'esprit ainsi que mes deux yeux
Recueillant une palme.
Et je serpenterai entre monts et vallons,
Comme autant de secret et autant de mystère,
A découvrir un jour, l’œil rempli de passions
Aux fruits de la terre.
J’y parlerai à Dieu au travers de l'azur,
Et lui me répondra dans le divin spectacle
De la nature immense et de paix et d'air pur
Comme plus bel oracle.
Remontant les ruisseaux, longs et beaux de bleuté,
J'irai marcher là-haut aux sources de ma peine,
Apprendre le pardon et la félicité,
A n'avoir point de haine.
Mon cœur comme à jamais éventé d'un rameau,
Remerciera toujours ces beaux lieux de quiétude,
Où l'alizé du soir vous remplit de nouveau
De la béatitude.
Etienne CHAMPOLLION
Mylène Farmer - Toi, l'Amour
Ballade à la Béatitude
Et un poète dit, Parle-nous de la Beauté.
Et il répondit :
Où chercherez-vous la beauté et comment la trouverez-vous, si elle n'est elle-même votre chemin et votre guide ?
Et comment parlerez-vous d'elle, si elle n'est le fil qui tisse vos paroles ?
Les affligés et les stigmatisés disent, "La beauté est bonne et douce.
Comme une jeune mère intimidée par sa propre gloire, elle passe parmi nous."
Et les passionnés disent, "Non, la beauté procède de la puissance et de la terreur.
Comme la tempête elle secoue la terre sous nos pieds, et le ciel au-dessus de nos têtes."
Et les fatigués et les las disent, "La beauté est faite de doux murmures. Elle parle en notre esprit.
Sa voix cède à nos silences, comme une lumière à peine visible qui vacille dans la peur de l'ombre."
Et les impétueux disent, "Nous l'avons entendu crier à travers les montagnes,
Et avec ses cris viennent le bruit des sabots, et le battement des ailes et le rugissement des lions."
La nuit, les veilleurs de nos cités disent, "La beauté se lèvera à l'est, avec l'aurore."
Et à midi, les travailleurs et les voyageurs disent, "Nous l'avons vu se pencher sur la terre des fenêtres du couchant."
En hiver, ceux qui sont enneigés disent, "Elle viendra avec le printemps, bondissant sur les collines."
Et dans la chaleur de l'été les moissonneurs disent, "Nous l'avons aperçue dansant avec les feuilles de l'automne, avec des flocons de neige dans ses cheveux."
Toutes ces choses, vous les avez dites de la beauté,
Cependant, en vérité, vous ne parlez pas d'elle, mais de vos besoins insatisfaits,
Et la beauté n'est pas un besoin, mais une extase.
Elle n'est pas une bouche assoiffée, ni une main vide et tendue,
Mais plutôt un coeur embrasé et une âme enchantée.
Elle n'est pas l'image que vous voudriez voir ni le chant que vous voudriez entendre,
Mais plutôt une image que vous voyez bien que vous fermiez vos yeux, et un chant que vous entendez quand bien même vous bouchez vos oreilles.
Elle n'est pas la sève sous l'écorce desséchée, ni une aile attachée à une serre,
Mais plutôt un jardin pour toujours épanoui et une nuée d'anges à jamais en vol.
Peuple d'Orphalese, la beauté est la vie quand la vie dévoile sa face sacrée.
Mais vous êtes la vie et vous êtes le voile.
La beauté est l'éternité se contemplant dans un miroir.
Mais vous êtes l'éternité et vous êtes le miroir.
Khalil Gibran - Le Prophète.
Photos: Une âme - Extrait du film Les Âmes Vagabondes (The Host)
The Light of Life
La Beauté
Dans Naturopolis, acteurs, penseurs, scientifiques, rêveurs et bâtisseurs de demain nous invitent à explorer les richesses naturelles méconnues de quatre mégalopoles : New York, Paris, Rio de Janeiro et Tokyo. Cet épisode emboîte le pas à un personnage hors norme, Frédéric Durand, à la fois scientifique, naturaliste, poète et visionnaire. C’est à travers ses yeux que nous explorons la Grosse Pomme : un regard proche de celui des naturalistes d’antan, capables à la fois de déchiffrer les énigmes scientifiques, de se passionner pour les hommes, de vibrer à la poésie du monde.
QUAND LA NATURE RÉINVENTE LA VILLE
" La ville de demain ne sera plus faite uniquement de béton, de verre et d’acier, mais de natures artificielles, destinées à augmenter la qualité de vie de leurs habitants en réintégrant la nature dans la ville, qui soit complètement en osmose, recréant de véritables écosystèmes... "
Vincent callebaut, architecte new-yorkais
UN NOUVEAU PACTE AVEC L'ENVIRONNEMENT
Ce premier volet propose de découvrir New York avec une grille de lecture inhabituelle : celle de la nature. Comment celle-ci a-t-elle façonné la mégalopole américaine ? Comment la ville l’a-t-elle oubliée ou détruite ? Comment la nature a-t-elle réussi à rattraper la mégalopole ? Quels sont les hommes qui, au cœur de la ville, ne vivent que pour la nature ? Et pourquoi une ville comme New York ne peut-elle survivre que si elle invente un nouveau pacte avec l’environnement, en acceptant de faire sa révolution "durable" ?
Naturopolis : la révolution verte
Il faut du ciel, des bêtes, des plumes.
Un peu de tendresse, et quelques espérances à accrocher aux arbres
pour qu’ils en chatouillent les nuages.
Il faut ton sourire, ton courage, ta force
et ces éclats de peu où la main se pose
le soir
parfois
dans le silence orange de tes doutes.
Il faut cette folle audace de vivre
et cette découverte infinie des chemins de travers
qu’on traverse comme un rêve.
Il faut de la compassion, encore, tellement de compassion.
Il faudrait ne pas dire il faut, mais il faut, oh oui, il faut,
tout cela, et de l’amour,
et des merci à n’en plus pouvoir, aussi,
il faut des merci à n’en plus pouvoir.
Il faut ce vertige de gratitude où la joie s’enracine.
Et ce qui t’étonne, au coin de chaque journée
désormais
ce qui t’étonne
c’est de recevoir tellement,
tout cela qu’il faut,
le recevoir encore et encore,
encore et encore,
comme si le cadeau ne devait jamais s’épuiser.
Et de savoir qu’il vient de l’Inépuisable.
(Source : A Corps... A Coeur)
Il faut des merci
"L'esprit qui s'est accoutumé à la liberté et à l'impartialité de la contemplation philosophique, conservera quelque chose de cette liberté et de cette impartialité dans le monde de l'action et de l'émotion; il verra dans ses désirs et dans ses buts les parties d'un tout, et il les regardera avec détachement comme les fragments infinitésimaux d'un monde qui ne peut être affecté par les préoccupations d'un seul être humain.
L'impartialité qui, dans la contemplation, naît d'un désir désintéressé de la vérité, procède de cette même qualité de l'esprit qui, à l'action, joint la justice, et qui, dans la vie affective, apporte un amour universel destiné à tous et non pas seulement à ceux qui sont jugés utiles ou dignes d'admiration.
Ainsi, la contemplation philosophique exalte les objets de notre pensée, et elle ennoblit les objets de nos actes et de notre affection ; elle fait de nous des citoyens de l'univers et non pas seulement des citoyens d'une ville forteresse en guerre avec le reste du monde. C'est dans cette citoyenneté de l'univers que résident la véritable et constante liberté humaine et la libération d'une servitude faite d'espérances mesquines et de pauvres craintes.
Résumons brièvement notre discussion sur la valeur de la philosophie : la philosophie mérite d'être étudiée, non pour y trouver des réponses précises aux questions qu'elle pose, puisque des réponses précises ne peuvent, en général, être connues comme conformes à la vérité, mais plutôt pour la valeur des questions elles-mêmes ; en effet, ces questions élargissent notre conception du possible, enrichissent notre imagination intellectuelle et diminuent l'assurance dogmatique qui ferme l'esprit à toute spéculation; mais avant tout, grâce à la grandeur du monde que contemple la philosophie, notre esprit est lui aussi revêtu de grandeur et devient capable de réaliser cette union avec l'univers qui constitue le bien suprême".
![]() |
| Spirit |
Éd. Pavot, 1975, pp. 185-186.
Citoyen du monde
Discours en Hommage à Jeanne d’Arc
Par Najat Vallaud-Belkacem
Madame la Ministre, Monsieur le Maire, Monsieur le Président de Région, Monsieur le Président du Conseil Général, Monsieur le Préfet de Région,
Monseigneur l’Archevêque de Rouen, Monseigneur l’évêque d’Autun,
Monsieur le Président du Comité rouennais d’hommage à Jeanne d’Arc, Monsieur le Délégué Militaire départemental,
Mesdames et Messieurs les élu(e)s, Mesdames et Messieurs,
C’est un grand honneur que vous me faites en m’invitant, aujourd’hui, à présider à vos côtés les cérémonies officielles de cette 86e édition des fêtes Jeanne d’Arc.
Une invitation qui s’inscrit dans une très longue et magnifique tradition municipale et républicaine dans laquelle vous me faites succéder aux personnalités les plus éminentes, aux noms les plus prestigieux, aux spécialistes les plus avertis de l’histoire médiévale, à des femmes et des hommes d’exception parmi lesquels brillent ceux d’André Malraux, d’Elisabeth Badinter ou de Colette Beaune, qui s’est exprimée ici l’année dernière pour le 600eanniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc.
Autant dire que je viens à vous avec beaucoup de reconnaissance et de gratitude, mais aussi avec l’humilité, la modestie, et je dirais même la pudeur qui s’imposent dans de telles circonstances.
Qui, en effet, ne ressentirait pas la gravité et la solennité de l’hommage qu’il faut rendre à celle qui incarne à leur plus haut degré d’incandescence à la fois les vertus humaines, les valeurs de la République et une part si grande et majestueuse de l’identité de cette ville de Rouen, comme de notre pays tout entier ?
Gravité devant Jeanne d’Arc, et solennité devant vous car l’invitation adressée à l’élue de la République que je suis se traduit par la lourde charge, forcément plus personnelle, d’évoquer la merveilleuse, l’éclatante et si mystérieuse figure de Jeanne d’Arc, le visage même de la France, l’esprit même de la résistance, l’affirmation suprême d’une nation qui a conscience d’elle-même, qui refuse d’abdiquer devant la difficulté, et qui, jamais, ne renonce à son avenir.
Évoquer Jeanne d’Arc, c’est accepter d’être fidèle et respectueux de ce que nous savons des mots qui ont été consignés, des faits et des gestes qui ont été attestés de cette jeune femme bien réelle.
C’est l’accepter avec toute la rigueur que nous devons à la vérité historique, tout en reconnaissant avec le même respect que ce qui compte peut-être le plus, en Jeanne d’Arc, c’est ce que nous en ignorons, et que d’autres ont projeté sur elle à travers les siècles et les siècles, dans la passion la plus ardente et la ferveur la plus sincère.
Jeanne d’Arc est tout cela, et bien plus encore : elle est ce que nous partageons de plus précieux en héritage commun avec les générations qui nous ont précédés, elle est aussi ce que nous choisissons d’en faire pour nous-même aujourd’hui, et que nous voulons léguer à notre tour aux générations de demain.
Enfin, si Jeanne est cette jeune femme simple et familière que tant d’entre nous chérissent depuis l’enfance et les bancs de l’école, elle est aussi cette Sainte, cette icône nimbée d’un mystère insondable qui force le respect et l’admiration de toutes et de tous, qui a subjugué, fasciné, intimidé les esprits les plus intrépides et les plus audacieux de tous les courants de pensée, et de toutes les familles spirituelles.
Énigme et mystère de Jeanne d’Arc qui nous laisse seul en conscience face à elle, oui, en même temps que personnage historique majeur, au rôle et à l’influence incontestable, incontestée, qui nous rattache à elle, avec le peuple français tout entier.
Mystère du courage de cette adolescente, mystère encore de sa liberté, de sa foi et de sa détermination inouïe à accomplir son devoir jusqu’au sacrifice ultime, ignorant superbement qu’elle n’est qu’une petite paysanne illettrée, une femme dans un monde d’hommes, ce « mâle moyen-âge » selon la formule de Georges Duby qui écrivait ainsi : « Tous les propos qui me parviennent et me renseignent sont tenus par des hommes, convaincus de la supériorité de leur sexe. Je n’entends qu’eux ».
C’est pourtant bien la petite Jeanne qui a été entendue par le roi, ses troupes et le peuple français, et non pas les hommes sévères jusqu’à la cruauté qui l’ont jugée et condamnée.
Entendue avec des mots qui sont venus jusqu’à nous, qui ne sont pas ceux du personnage mythique et légendaire forgé par les siècles qui suivront, mais ceux, bien réels qui ont été transcrits dans les minutes de son procès.
Les mots d’une jeune fille du 15e siècle qui a bousculé tous les codes de son temps, renversé l’ordre du monde et du temps, abattu tous les murs qui séparaient les faibles des puissants, les femmes des hommes, les Français les uns des autres.
Oui, la Ministre des Droits des Femmes que je suis pourrait discourir longuement sur ce que Jeanne illustre de la terrible injustice faite aux femmes à travers l’histoire, et sur ce qu’elle a révélé à la face du monde avec un éclat qui ne s’est jamais terni, de leur capacité à démentir tous les préjugés, à saper les fondement d’un ordre profondément inégalitaire, par leur génie de la pensée comme de l’action jusque dans les domaines les plus interdits, dans les sociétés les plus fermées, et dans les temps les plus obscurs.
Et sans doute faut-il le marteler, car cela est si vrai que l’exemple de Jeanne parle aujourd’hui encore à la conscience des jeunes filles de notre temps, éveille des esprits, inspire des destins et forge des caractères, en dépassant toutes les frontières de culture, de religion, de nation, partout à travers le monde, par la seule force de son exemple. Comme une étoile plus brillante que toutes les autres qui guident les femmes comme les hommes, ceux qui croient et ceux qui ne croient pas.
En réfléchissant à ce que je voulais vous dire, et dire de la Jeanne d’Arc que j’aime, j’ai pensé au monde ancien, aux chapitres glorieux de notre histoire nationale, mais aussi au regard et à l’atroce blessure de la jeune Malala, cette Pakistanaise de 15 ans qui s’est élevée seule, armée de son unique courage, contre la tyrannie et l’oppression, et qui est devenue par la force de son geste et de ses mots une icône mondiale entraînant dans son sillage des millions de consciences pour le triomphe de la liberté.
Avec le recul pourtant vertigineux de près de 6 siècles d’histoire, Jeanne d’Arc nous apparaît en effet toujours comme une révoltée qui s’est émancipée de tous les carcans et les préjugés qui assignent, aux uns et aux autres, des vertus humaines, des valeurs, des qualités ou des rôles prédestinés.
Revêtir les habits d’un homme, voilà d’ailleurs la seule chose que ses juges et ses ennemis ont pu retenir contre elle.
En tant que Ministre des Droits des Femmes, je rappelle bien souvent à quel point les femmes restent absentes de notre histoire nationale, absente de notre mémoire collective et de notre culture commune, alors même qu’elles sont si nombreuses, à toutes les époques et dans tous les rôles, à avoir pris toute leur part dans la défense et la construction de notre pays, dans son indépendance et dans sa liberté. Elles ont souffert, résisté, combattu et péri pour la France.
Trop souvent restées anonymes et invisibles, elles demeurent aujourd’hui encore cantonnées dans ce que l’historienne Michèle Perrot appelle avec tant de justesse les « silences de l’histoire ».
Et pourtant. Et pourtant, il y a cette Jeanne que rien ni personne n’a jamais pu réduire au silence.
Jeanne d’Arc, cette immense figure nationale, qui appartient à toutes et à tous, qui rassemble et unit les Françaises et les Français dans le sentiment et la conscience d’appartenir à une même patrie, de partager une même histoire et d’envisager, ensemble, un même destin.
Jeanne d’Arc, que rien ni personne n’a jamais pu asservir à une cause, à une idée, à une thèse, à un parti, à un étendard ou à un cri de ralliement autre que la France elle-même, et ses valeurs de justice, d’humanité, et de tolérance.
Jeanne d’Arc, qui avait un idéal, un absolu, qui a fait la guerre, qui a pris les armes et qui a combattu, mais qui n’a pas haï. Qui a tant aimé. Comme d’autres, plus tard, bien plus tard, prendront à leur tour les armes par amour de la liberté.
Comment ne pas penser dans cette longue filiation de l’esprit français de résistance aux vers de Robert Desnos en 1942… pour dire ce qui ne s’explique pas « Pourtant ce cœur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons, / Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères / Et des millions de Français se préparent dans l’ombre à la besogne que l’aube proche leur imposera. / Car ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté au rythme même des saisons et des marées, du jour et de la nuit. »
Car il faut se souvenir, et redire aux plus jeunes générations ce qu’était la France quand Jeanne d’Arc est devenue Jeanne d’Arc. Avant Rouen, son procès et son exécution le 30 mai 1431, avant le Donjon, l’Abbatiale, le cimetière, la place du Vieux Marché et la Seine, il y eut la Guerre de Cent ans et les défaites de Crécy, de Poitiers, d’Azincourt…. Et puis Domrémy, Chinon, Reims, Orléans…
La France n’était plus tout à fait la France : elle était de toute part menacée par la division, la dislocation, la disparition.
Plus personne, ni le peuple ni le Roi, ne croyait plus en elle, et rien ni personne ne paraissait en mesure d’enrayer le sinistre destin de la défaite et du déclin.
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| Jeanne Captive Jeune femme porteuse d'infini |
Comment cette jeune fille qui n’était rien, et qui n’avait rien, sauf son courage et sa foi, a-t-elle pu depuis les confins d’un royaume qui n’en était déjà plus un, en appeler au sursaut, convaincre, et redonner la confiance et l’espoir à un pays tout entier qui ne l’attendaient pas, elle moins que personne ?
Mystère, je le disais, de cette femme dont Joseph Delteil a trouvé les mots du poète pour dire ce qu’elle fut alors : « un atome d’air pur qui mettait en débandade les microbes du calcul ».
Oui, mystère encore de Jeanne d’Arc, celle qui sans haine, ni fanatisme a trouvé la force de refuser la défaite, la résignation, la domination et l’injustice, pour choisir résolument et jusqu’au bout le combat, la résistance, et l’espérance.
Comme d’autres, dans d’autres circonstances le feront après elle, habités par un même idéal de la France, et peut-être, sans doute, enhardis par le souvenir que Jeanne d’Arc avait, elle aussi, amené à la victoire par la seule force de conviction que la victoire était possible.
Mystère enfin de cette figure unique de femme dont la mémoire est si lumineuse dans nos esprits alors que les mots mille fois convoqués de courage, de liberté, d’audace ou de foi ne sont jamais parvenus à en éclaircir, et en épuiser tout le sens. Mystère, peut-être, de l’extrême simplicité d’une mortelle, inextricablement mêlée à la sublime grandeur de l’éternité.
Jeanne, cette jeune fille suppliciée à mort alors qu’elle n’avait pas vingt ans, dont la destinée fulgurante a renversé le cours de l’histoire, elle qui fut hérétique et martyre avant d’être Sainte, dont le souvenir divisa avant de rassembler, qui n’appartient à personne mais qui vit dans le cœur, dans l’esprit et dans la conscience de chacun : à Domrémy, Chinon, Orléans, Reims, Rouen et partout en France, comme très loin hors de nos frontières, en Europe et dans le monde.
Car, je veux le dire ici, Jeanne d’Arc n’est pas de ces grandes figures historiques dont on peut garder le souvenir un peu froid, gris et glacé des manuels scolaires, et dont le souvenir nous reviendrait, de loin en loin, comme une vague réminiscence.
Et quand bien même on le pourrait, on ne devrait pas le permettre car on perdrait l’essentiel de ce qui fait la valeur de l’attachement à Jeanne d’Arc, et c’est pourquoi les festivités comme celle d’aujourd’hui ou l’Historial qui verra le jour d’ici quelques mois sont si importants, essentiels, nécessaires.
Jeanne d’Arc ne doit jamais se figer en une statue lointaine. Nous devons la protéger d’un éloignement toujours possible du cœur des citoyens, en faisant vivre son souvenir au plus près d’eux.
Pour qu’elle reste proche et familière, qu’elle vibre au plus profond de l’intimité de chacun, comme une petite sœur, un esprit protecteur ou un ange gardien que chacun reste libre d’adopter quels que soient son pays ou sa langue d’origine, sa culture ou sa religion. Chacun, y compris ceux qui peut-être, se demandent ce que c’est qu’être Français et qui souhaitent ardemment l’être tout autant que les autres qui sont nés en France.
Et puis nous devons préserver à tout prix la concorde et l’unité qui entoure désormais sa mémoire dans une République apaisée, loin des querelles anciennes.
Il faut tout dire, tout montrer, tout expliquer car si Jeanne d’Arc a sa part de mystère, elle n’a pas de secret, rien à cacher : « Quelle légende plus belle que cette incontestable histoire ? » demandait magnifiquement Michelet.
C’est le sens profond de ce que la République a choisi de faire en faisant vivre les différents lieux de mémoire de l’épopée de Jeanne d’Arc, et en célébrant fidèlement l’histoire de sa vie comme autant de jalons que la mémoire collective doit maintenir hors de l’oubli, ouverts et accessibles à tous.
C’est le sens même de toutes les fêtes républicaines johanniques qui remontent à juillet 1920 que de préserver cette cohérence, cette unité, cette universalité de la commémoration de sa gloire comme de son martyre, et éviter toute dispersion qu’elle soit géographique, politique, spirituel, ou idéologique.
C’est le sens, aussi, que je veux donner à ma présence à vos côtés, et aux quelques mots que je viens de vous adresser en son hommage, en hommage à la France et à son histoire, en hommage à la République et à son avenir.
Car je crois que si on ne saurait jamais rien imposer à Jeanne d’Arc, rien ne doit jamais empêcher qu’elle s’impose à nous tant elle a à nous enseigner sur la France et le monde dans lequel nous vivons, tant elle a à nous inspirer sur le monde dans lequel nous voulons vivre demain.
Ne gardons pas Jeanne d’Arc pour nous seuls ! Notre monde qui menace à chaque instant de céder aux vieux démons du nationalisme étroit, du fanatisme et de l’intolérance a besoin d’elle comme nous avons besoin d’elle pour rester fidèles à ce que nous sommes, et ce que nous voulons être.
Imaginons Jeanne d’Arc le visage tourné vers ce monde-là, le nôtre et celui de nos enfants.
Je vous remercie.
86e édition des Fêtes johanniques
Discours de Mme Najat Vallaud-Belkacem
Ministre des Droits des Femmes, Porte-parole du gouvernement
Présidente des cérémonies officielles.
Rouen, le 25 mai 2013
Jeanne d'Arc
C’est sans doute pourquoi, mon ami, j’ai un tel besoin de ton amitié. J’ai soif d’un compagnon qui, au-dessus des litiges de la raison, respecte en moi le pèlerin de ce feu-là. J’ai besoin de goûter quelquefois, par avance, la chaleur promise, et de me reposer, un peu au delà de moi-même, en ce rendez-vous qui sera nôtre.
Je suis si las des polémiques, des exclusives, des fanatismes ! Je puis entrer chez toi sans m’habiller d’un uniforme, sans me soumettre à la récitation d’un Coran, sans renoncer à quoi que ce soit de ma patrie intérieure. Auprès de toi je n’ai pas à me disculper, je n’ai pas à plaider, je n’ai pas à prouver ; je trouve la paix, comme à Tournus. Au-dessus de mes mots maladroits, au-dessus des raisonnements qui me peuvent tromper, tu considères en moi simplement l’Homme. Tu honores en moi l’ambassadeur de croyances, de coutumes, d’amours particulières. Si je diffère de toi, loin de te léser, je t’augmente. Tu m’interroges comme l’on interroge le voyageur.
Moi qui éprouve, comme chacun, le besoin d’être reconnu, je me sens pur en toi et vais à toi. J’ai besoin d’aller là où je suis pur. Ce ne sont point mes formules ni mes démarches qui t’ont jamais instruit sur qui je suis. C’est l’acceptation de qui je suis qui t’a fait, au besoin, indulgent à ces démarches comme à ces formules. Je te sais gré de me recevoir tel que me voici. Qu’ai-je à faire d’un ami qui me juge ? Si j’accueille un ami à ma table, je le prie de s’asseoir, s’il boite, et ne lui demande pas de danser.
Mon ami, j’ai besoin de toi comme d’un sommet où l’on respire ! J’ai besoin de m’accouder auprès de toi, une fois encore, sur les bords de la Saône, à la table d’une petite auberge de planches disjointes, et d’y inviter deux mariniers, en compagnie desquels nous trinquerons dans la paix d’un sourire semblable au jour.
Si je combats encore je combattrai un peu pour toi. J’ai besoin de toi pour mieux croire en l’avènement de ce sourire. J’ai besoin de t’aider à vivre. Je te vois si faible, si menacé, traînant tes cinquante ans, des heures durant, pour subsister un jour de plus, sur le trottoir de quelque épicerie pauvre, grelottant à l’abri précaire d’un manteau râpé. Toi si français, je te sens deux fois en péril de mort, parce que français, et parce que juif. Je sens tout le prix d’une communauté qui n’autorise plus les litiges. Nous sommes tous de France comme d’un arbre, et je servirai ta vérité comme tu eusses servi la mienne. Pour nous, Français du dehors, il s’agit, dans cette guerre, de débloquer la provision de semences gelées par la neige de la présence allemande. Il s’agit de vous secourir, vous de là-bas. Il s’agit de vous faire libres dans la terre où vous avez le droit fondamental de développer vos racines. Vous êtes quarante millions d’otages. C’est toujours dans les caves de l’oppression que se préparent les vérités nouvelles : quarante millions d’otages méditent là-bas leur vérité neuve. Nous nous soumettons, par avance, à cette vérité.
Car c’est bien vous qui nous enseignerez. Ce n’est pas à nous d’apporter la flamme spirituelle à ceux qui la nourrissent déjà de leur propre substance, comme d’une cire. Vous ne lirez peut-être guère nos livres. Vous n’écouterez peut-être pas nos discours. Nos idées, peut-être les vomirez-vous. Nous ne fondons pas la France. Nous ne pouvons que la servir. Nous n’aurons droit, quoi que nous ayons fait, à aucune reconnaissance. Il n’est pas de commune mesure entre le combat libre et l’écrasement dans la nuit. Il n’est pas de commune mesure entre le métier de soldat et le métier d’otage. Vous êtes les saints.
Antoine de Saint-Exupéry
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