Chaque femme peut changer le monde
Julianne Moore
(Article L'Express)

"La vie ne consiste pas à juger l'humanité, mais à la connaître. 
(...)
Il suffit d'écouter ce qui nous révolte, nous attriste et d'accepter que notre geste ne soit qu'un grain de sable. En même temps, je suis persuadée que le simple battement d'ailes d'un papillon peut déclencher une tornade à l'autre bout de la planète. "

Le Monde est beau



« Le romantisme n’est précisément ni dans le choix des sujets ni dans la vérité exacte, mais dans la manière de sentir. Ils l’ont cherché en dehors, et c’est en dedans qu’il était seulement possible de le trouver. Pour moi, le romantisme est l’expression la plus récente, la plus actuelle du beau. Il y a autant de beautés qu’il y a de manières habituelles de chercher le bonheur. La philosophie du progrès explique ceci clairement; ainsi, comme il y a eu autant d’idéaux qu’il y a eu pour les peuples de façons de comprendre la morale, l’amour, la religion, etc., le romantisme ne consistera pas dans une exécution parfaite, mais dans une conception analogue à la morale du siècle. C’est parce que quelques-uns l’ont placé dans la perfection du métier que nous avons eu le rococo du romantisme, le plus insupportable de tous sans contredit. Il faut donc, avant tout, connaître les aspects de la nature et les situations de l’homme, que les artistes du passé ont dédaignés ou n’ont pas connus. Qui dit romantisme dit art moderne, – c’est-à-dire intimité, spiritualité, couleur, aspiration vers l’infini, exprimées par tous les moyens que contiennent les arts. » Charles Baudelaire.

A essuyer de toute part désespoirs inconsolés et cynismes déterminés, notre existence est en mal de paix et d'équilibre. Au bout d'une série noire de chagrins et de malheurs, le romantisme a la vie dure. Et de vivre la vie, comme une comédie, est encore une plus grande utopie. Mais n'en déplaise aux esprits chagrins, les romantiques sont plein de ressources. En riposte à ces instabilités et ces brutalités, les adeptes de la joie de vivre sont encore légion dans le quotidien morne et gris.

L'étincelle de l'amour a encore son énergie à répandre dans les coeurs de tout horizon, et le bonheur d'être reste aussi cette étincelle scintillante en chacun de nous. La transformation de notre existence commence là : souffler et laisser l'autre souffler sur cette étincelle pour en faire une flamme.
Et surtout, la vie est belle, elle ne doit pas être autre chose qu'une comédie, et spécialement une comédie romantique pour les plus passionnés et les plus enclin à voir la vie en rose.

Il vous manque quelques guimauves pour adoucir la journée, un coin de "fleurs-bleues" pour colorer votre jardin, ou même des étoiles qui font briller les yeux, voilà une vague de paroles gonflées d'amour, des répliques "culte" soufflés à l'hélium, de quoi flotter assez haut dans les nuages : les Répliques de Lover

Et pour finir, une petite recette pour devenir un lover, si le coeur vous en dit : "Souriez à la vie, elle vous enverra l'amour !"


 

La vie est une comédie romantique

Source LeFigaro.fr

Par Marie-Noëlle Tranchant


« En fait, je ne suis pas devenu producteur, mais chargé de mission. Par moi-même », confie Jacques Perrin.

Le producteur et réalisateur d'«Océans» est le plus inspiré et le plus inspirantdes créateurs. Un bâtisseur d'empires poétiques, généreux de ses passions et de ses enthousiasmes.

La mer ? «Elle m'a d'abord été racontée par les hommes», dit Jacques Perrin. Par les récits des navigateurs solitaires, par les grands romanciers comme Conrad, qui emportent l'imagination et «font penser que les belles histoires commencent derrière l'horizon». Jacques Perrin a connu des marins et des pêcheurs, gens du large ou de la côte, tous habités de songe, entretenant avec la mer une relation fascinée. «Solitude poignante de l'homme au milieu de l'océan, formidable théâtre de l'univers, la mer est un grand miroir de notre âme. Ce qui nous constitue, c'est la perception poétique, même si on n'est pas poète.»

Son sourire aussi clair que ses yeux parle d'enfance et de grand large, ouvre l'espace, fend l'air et les flots. Il n'y a rien de blasé en lui. Rien d'étroit. Rien de petit. Il a le talent de l'émerveillement, et l'art de le propager comme une houle.

Le lointain Crabe-Tambour de Schoendoerffer, le navigateur des 40e Rugissants, le producteur de Tabarly lance, mercredi sur les écrans, Océans, le film qu'il a coréalisé avec Jacques Cluzaud : ce fabuleux opéra sur le peuple de la mer l'a mobilisé pendant sept ans. Rien ne prédestinait particulièrement à l'amour de la nature ce petit Parisien né en 1941 au cœur du monde du spectacle de la capitale. Son père est régisseur à la Comédie-Française, sa mère comédienne. Le jeune citadin découvre la mer à 13 ans, à Granville.

«Le fracas des vagues m'a paru insupportable ! se souvient-il. Un vrai choc. Cette agression sonore me faisait mal aux oreilles. Mon premier contact avec la mer, c'est le son. Pour Océans, c'était un élément symphonique essentiel. Bruno Coulais a pris les sons captés avec des hydrophones, et glissé sa musique dans les bruits naturels.» Après ce séjour à Granville, Jacques Perrin pensait «en avoir fini avec la mer». Le Conservatoire l'attendait, et «ce bonheur de voyager par les textes. Être acteur, c'est avoir sur soi les clefs de l'évasion». De ses années de formation, Jacques Perrin garde une estime pleine de tendresse pour la belle figure de maître de Fernand Ledoux, qui sera son père dans Peau d'âne, de Jacques Demy. «Il était on ne peut plus simple, gentil, attentif, formidablement attaché à comprendre l'être humain, à l'expliquer. Ces solitudes que sont les cœurs humains, comme dit Musset. Avec lui, il s'agissait de faire attention aux autres, de les observer. Que l'autre devienne une part de nous-même. Comme lorsqu'on parle d'un ami : on a spontanément tendance à adopter ses gestes, son ton. Ensuite, Ledoux nous conseillait de lire beaucoup, des philosophes notamment, pour découvrir des dimensions de l'homme qu'on ignorait.»

Meneur d'hommes libertaire
Plus tard, quand il commencera à se passionner pour le grand spectacle de la nature en produisant Le Peuple singe, de Gérard Vienne (1989). Ce sera comme une extension de son métier d'acteur. Une approche du mystère vivant du monde. On a si souvent des regards habitués. On se contente d'une perception hâtive, bornée. «Connaître, c'est souvent méconnaître», dit-il. L'acteur, en étudiant un personnage, en voyageant vers l'autre, découvre en lui-même des terres ignorées, «des îles lointaines, d'autres rivages». L'observateur épris de la nature rencontre mille merveilles à portée de regard. Sait-on qu'autour de Notre-Dame de Paris volent des rapaces ? Jacques Perrin ne veut pas seulement la connaissance. Il veut la compréhension intime, fraternelle, poétique. Une osmose des perceptions. C'est ce qu'il entend lorsqu'il dit qu'avec Océans, il propose aux spectateurs «d'être poisson parmi les poissons». Regarder. Écouter. S'apercevoir qu'on n'avait encore ni regardé ni écouté. Et prendre le temps de le faire.

Comment cet étonnant rêveur peut-il être aussi un producteur avisé, capable de rallier les financiers à des projets fous comme Le Peuple migrateur et Océans ? «Quand je parle à des banquiers, je ne leur dis pas “on va gagner un argent fou”, mais “on va bâtir le rêve”. C'est une autre arme que la comptabilité.» Et le charme opère. Les services comptables aussi. Jacques Perrin n'a rien d'un doux utopiste, il a l'âme d'un chef qui sait mobiliser les compétences et entraîner les énergies. Personne n'est plus responsable que ce bâtisseur d'empires poétiques.

Retour en arrière, vers les années 1960. Elles sont fastes pour le jeune acteur de 20 ans. Clouzot l'engage dans La Vérité ; l'Italie le découvre dans La Fille à la valise et Journal intime, de Valerio Zurlini, qu'il retrouvera pour Le Désert des Tartares. En 1965, Pierre Schoendoerffer l'entraîne au cœur de la guerre d'Indochine avec Bruno Cremer dans La 317e Section. La même année sort le film de Costa-Gavras Compartiment tueurs. En 1968, Jacques Perrin fait, tout seul, une petite révolution : il devient producteur, simplement parce que Costa-Gavras ne trouve pas de financement pour Z. «Quels sont les gens irresponsables qui refusent un tel film ?», se dit-il alors. Partout, on dénonce le système. Lui, il estime que «le premier des systèmes, c'est soi-même». Pour ne pas avoir à se dénoncer, il prend le film en charge. «En fait, je ne suis pas devenu producteur, dit-il, mais chargé de mission. Par moi-même.»

Il y a du libertaire chez ce meneur d'hommes qui prétend assumer tout ce qui est en son pouvoir et que lui dictent son désir et sa conscience. Mais en respectant l'autonomie des autres. À la tête d'équipes incroyablement nombreuses, diverses et complexes, pour Océans, allant du chercheur scientifique à l'ingénieur, au cameraman, au plongeur, à l'équipage des bateaux, il garde son aisance et sa souplesse, attendant de chacun «qu'il apporte une strophe au poème collectif». C'est pour lui, n'en doutons pas, que Baudelaire aurait pu écrire : «Homme libre, toujours tu chériras la mer.»




Site Officiel du Film : http://www.oceans-lefilm.com/

Jacques Perrin, maître à bord de ses rêves






Les Innocents
Victor Hugo

Mais les enfants sont là. Le murmure qui sort
De ces âmes en fleur est-il compris du sort ?
L'enfant va devant lui gaîment ; mais la prière,
Quand il rit, parle-t-elle à quelqu'un en arrière ?
Le frais chuchotement du doux être enfantin
Attendrit-il l'oreille obscure du destin ?
Oh ! que d'ombre ! Tous deux chantent, fragiles têtes
Où flotte la lueur d'on ne sait quelles fêtes,
Et que dore un reflet d'un paradis lointain !
Les enfants ont des coeurs faits comme le matin
Ils ont une innocence étonnée et joyeuse ;
Et pas plus que l'oiseau gazouillant sous l'yeuse,
Pas plus que l'astre éclos sur les noirs horizons,
Ils ne sont inquiets de ce que nous faisons,
Ayant pour toute affaire et pour toute aventure
L'épanouissement de la grande nature ;
Ils ne demandent rien à Dieu que son soleil ;
Ils sont contents pourvu qu'un beau rayon vermeil
Chauffe les petits doigts de leur main diaphane
Et que le ciel soit bleu, cela suffit à Jeanne.

sunny smile... by =FioReLLo








Moon Child by ~FireyKitsune



L'enfant qui est dans la lune

Claude Roy

"Enfantasques"



Cet enfant toujours dans la lune,

s'y trouve bien, s'y trouve heureux

Pourquoi le déranger ? La lune

est un endroit d'où l'on voit mieux.

Dis-moi, dis, souriante enfant


Emily Jane Brontë


Dis-moi, dis, souriante enfant,
Qu'est-ce, pour toi, que le passé?
" Un soir d'automne, doux et clément,
Où le vent soupire, endeuillé."

Qu'est-ce, pour toi, que le présent?
" Un rameau vert chargé de fleurs
Où l'oiselet bande ses forces
Pour s'envoler dans les hauteurs."

Et l'avenir, enfant bénie?
" La mer sous un soleil sans voiles,
La mer puissante, éblouissante
Qui, là-bas, rejoint l'infini."


Enfance

Source: TURCOTTE, Marie-Josée. Magazine Lumière, Vol. 8 No. 2, Avril 1999.

Si l'on vous proposait de réaliser un seul de vos souhaits, lequel parmi ces choix vous procurerait une vie vraiment satisfaisante : devenir millionnaire, être célèbre, posséder la beauté physique, exceller dans votre champ d'activité, être très intelligent ou encore n'avoir que des personnes extraordinaires dans votre vie? Bien que toutes ces réponses soient alléchantes, l'auteure Lilian Glass nous révèle que le choix le plus astucieux est sans contredit le dernier. Qui plus est, il nes'agit pas seulement de bien savoir s'entourer; il importe de devenir nous-mêmes une personne extraordinaire pour les autres. Voici donc le mode d'emploi pour une vie... extraordinaire !

«Pour avoir une vie profondément satisfaisante, nous devons apprendre à y trouver, à y attirer et à y retenir les personnes qui nous procurent du bonheur. Sans elles, la vie n'a pas de sens», explique d'entrée de jeu l'auteure du livre Comment s'entourer de gens extraordinaires. L'idée émise n'est certes pas nouvelle, encore moins innovatrice. Pourtant, la plupart d'entre nous
avons tendance à oublier, dans le brouhaha quotidien, dans la course folle pour atteindre le succès ou pour réaliser nos rêves, que la clé du bonheur réside en grande partie dans les liens que nous parvenons à nouer avec des individus qui savent apprécier nos qualités et reconnaître notre valeur.
Mais, direz-vous, où se trouvent donc toutes ces personnes extraordinaires? La réponse est simple: partout ! En fait, le monde est peuplé de gens de valeur; nous entrons en contact avec eux quotidiennement. Il suffit de bien regarder autour de soi. En fait, beaucoup de ces personnes extraordinaires se trouvent sous notre nez; trop souvent, nous ne nous en rendons même pas compte, ou nous ne savons plus apprécier la gentillesse de l'un et la disponibilité de l'autre.
Avant d'aller plus loin, amusons-nous à reconnaître les personnes extraordinaires qui gravitent autour de nous. Afin de nous aider, Lilian Glass les regroupe sous 20 types particuliers (voir ci-bas). Si la description correspond à une personne que vous connaissez, inscrivez son nom sur la ligne de droite. Sachez qu'une même personne peut se retrouver dans plusieurs catégories; il s'agit alors d'un être particulièrement exceptionnel, dont vous devriez prendre le plus grand soin.
Si, d'autre part, quelqu'un qui vous est proche ne ressemble à aucune de ces catégories, demandez-vous s'il ne s'agit pas d'un être
«toxique» qui, contrairement à la personne extraordinaire, empoisonne votre existence(1) au lieu de faire éclore ce qu'il y a de meilleur en vous. Enfin, ne vous oubliez pas au cours de l'exercice.
À bien des égards, vous êtes, vous aussi, une personne extraordinaire. Si vous voulez attirer les bons individus dans votre vie, il est indispensable d'apprendre à reconnaître vos points forts et vos qualités.


LES 20 TYPES DE PERSONNES EXTRAORDINAIRES NOMMEZ-LES

1. Les chaleureuses: Ces personnes font toujours ressortir ce qu'il y a de meilleur chez l'autre. Elles vous donnent l'impression que vous comptez vraiment, grâce à des témoignages d'affection et des paroles gentilles.

2. Les anti-narcissiques: Elles s'intéressent vraiment aux autres au lieu de chercher à se rendre intéressantes. Elles vous posent beaucoup de questions dans le but de bien saisir qui vous êtes Les «je» «me» «moi» ne font pas partie de leur vocabulaire

3. Les généreuses: Elles sont toujours disposées à en faire plus que ce qu'on attend d'elles sans rien attendre en retour, sauf l'harmonie et l'amitié

4. Les non-juges: Elles ne jugent pas les autres en fonction de la vie qu'ils mènent. Elles croient sincèrement que si ce genre de vie les rend heureux et ne fait de mal à personne, tant mieux!

5. Les élogieuses : Leur proverbe est celui-ci: «Si tu ne peux rien dire de
bien sur une personne, alors ne dis rien du tout.» Ces personnes
concentrent généralement leur attention sur les qualités des autres sans
guère accorder d'attention à leurs défauts.

6. Les dignes: Elles traitent les autres comme elles voudraient être
traitées, c'est-à-dire avec gentillesse et respect. On sent que ces
personnes s'aiment vraiment, c'est ce qui les rend extraordinaires
aux yeux des autres.

7. Les attentionnées: Elles se souviennent des petites choses qui comptent pour vous. Elles connaissent votre date de naissance, votre couleur préférée, ce que vous aimez et détestez.

8. Les honnêtes: Lorsqu'elles disent qu'elles vont faire quelque chose, elles le font. Vous pouvez toujours compter sur elles pour arriver à l'heure, pour respecter les échéanciers et pour donner l'heure juste.

9. Les décontractées: Elles ne se prennent jamais au sérieux. Parce qu'elles sont décontractées et enjouées, elles mettent à l'aise tous les gens qui se trouvent en leur compagnie.

10. Les «meneuses de claques»: Elles vous encouragent et veulent votre bien; c'est pourquoi elles mettent beaucoup d'effort à vous rassurer lorsque vous doutez de vous-même. Elles ne tolèrent pas que l'autre se dénigre.

11. Les lucides: Elles pensent d'abord aux sentiments des autres et savent exactement ce qu'elles doivent dire ou ne pas dire dans les périodes fastes comme dans les moments difficiles.

12. Les «rebondisseuses»: Elles ne se complaisent jamais dans la souffrance et l'apitoiement. Elles pensent toujours à ce qu'elles doivent faire pour s'en sortir.

13. Les sensibles: Elles ne craignent pas de se montrer sous leur jour le plus vulnérable. Jamais elles n'essaient de cacher ce qu'elles ressentent: peur, colère ou tristesse.

14. Les «gagnantes-gagnantes»: Elles ne sont pas heureuses de gagner si c'est aux dépens des autres. Elles veulent que chacun y trouve son compte.

15. Les loyales: Elles n'ont pas peur de s'engager, de prendre des décisions. Si elles croient en une idée ou une personne, elles ne craignent nullement de prendre sa défense, même si cela va à l'encontre de l'opinion générale.

16. Les diligentes: Elles gagnent le respect des autres parce qu'elles sont responsables et qu'elles agissent sans tarder. Elles ne remettent donc jamais à demain ce qu'elles peuvent faire aujourd'hui.

17. Les audacieuses: Elles n'ont pas peur de plonger et de prendre des risques calculés pour réaliser leurs rêves. Elles sont donc une source d'inspiration pour tous ceux qui ont toujours voulu prendre une autre voie dans la vie, mais qui ont peur du risque.

18. Les non-victimes: Elles assument l'entière responsabilité de leurs actes. Elles ne blâment pas les autres si elles sont malheureuses ou insatisfaites d'une situation, car elles savent qu'il n'en tient qu'à elles de la changer.

19. Les enthousiastes: Elles ne se reposent jamais sur leurs lauriers et vivent sans cesse leurs passions. Elles parlent peu de leur passé et se concentrent surtout sur l'avenir en cherchant toujours à se développer. Leur motivation et leur entrain sont le plus souvent contagieux

20. Les recruteuses: Elles sont conscientes d'avoir besoin de l'aide des autres pour réaliser leurs rêves; elles essaient donc de recruter ceux et celles qui croient en elles et en leurs buts.

Quelles sont les conclusions auxquelles vous parvenez à la suite de cet exercice?
Les gens qui vous entourent sont-ils tous extraordinaires à leur manière ou, au contraire, sont-ils peu nombreux, voire toxiques? Quelle que soit votre situation, sachez qu'il est encore possible de la rectifier ou de l'améliorer et ce, en apprenant à trouver ou à élargir votre réseau de personnes extraordinaires. De quelle manière? En faisant un peu d'algèbre...


La spirale de l'amitié

Vous souvenez-vous de la propriété d'associativité que vous avez apprise dans vos cours d'algèbre?
Si «a» égale «b», et que «b» égale «c», alors «a» égale «c». Je me suis toujours demandé à quoi cela pourrait bien me servir dans la vie. Eh bien, j'étais loin de me douter que ce processus mathématique s'applique également en amitié. La logique de l'associativité est d'une grande simplicité: si Sonia aime Manon, et que Manon aime Nancy, il est fort probable que Sonia aimera Nancy. Cela s'appelle aussi un syllogisme.

Nous connaissons tous le dicton «Qui se ressemble s'assemble». Celui-ci convient particulièrement bien aux personnes extraordinaires. Ce qui signifie que si nous commençons à en fréquenter, nous finirons inévitablement par en rencontrer d'autres par leur entremise. C'est ce que Lilian Glass appelle «La spirale de l'amitié». Plus nous côtoyons des personnes extraordinaires, plus la spirale prend de l'ampleur. Aussi peu nombreuses soient-elles au départ, nous finirons tôt ou tard par constater qu'il y a de plus en plus de personnes intéressantes qui peuplent notre vie. Ces gens nous ouvriront des portes, en plus de nous faire connaître un monde nouveau, que ce soit sur le plan financier, social, intellectuel, affectif ou culturel.
Cependant, tout cela est possible en autant que nous apprenions, nous aussi, à devenir une
personne extraordinaire pour les autres...

Pour approfondir:

Comment s'entourer de gens extraordinaires, Lilian Glass, Éditions de L'Homme.
Ces gens qui vous empoisonnent l'existence, Lilian Glass, Éditions de l'Homme.
Vous pouvez également consulter un article portant le même titre, publié dans Le magazine Lumière de septembre 1997, Vol. 6, N° 4.

COMMENT S’ENTOURER DE GENS EXTRAORDINAIRES


A rose for loveby *ZoeWieZo


M. François Cheng, ayant été élu par l’Académie française à la place laissée vacante par la mort de M. Jacques de Bourbon Busset, y est venu prendre séance le jeudi 19 juin 2003, et a prononcé le discours suivant :


(...)
En 1956, à l’âge de quarante-quatre ans, Jacques de Bourbon Busset prend la brusque résolution d’interrompre sa carrière, alors que, en pleine ascension, il est sur le point d’être nommé ambassadeur dans un grand pays. Ce renoncement, cette rupture, un geste aristocratique en somme, qui frappe son milieu comme un coup de tonnerre, est de fait le résultat d’une révolution intérieure. L’homme préoccupé de réussite sociale fait place à présent à l’écrivain qui cherche à se consacrer à sa création solitaire. Création ? Pour sûr, oui. Solitude ? Certes, non. Car, il peut enfin vivre pleinement l’amour qu’il voue à Laurence son épouse, la figure tutélaire, l’inspiratrice. L’ensemble de son œuvre, qui totalise plus de quarante ouvrages, en témoigne. Son Journal, composé de dix volumes, porte le titre général de Livre de Laurence. Ses romans, récits ou contes comportent également le sous-titre : Pour Laurence. D’autres romans, de caractère plus fantastique, tel Le lion bat la campagne, ont trait aussi à son épouse, lorsqu’on sait que « le lion » n’est autre que le surnom de Laurence. Quant à ses essais, ils sont centrés sur le thème de l’amour durable, intimement lié à celui de sa foi.
Laurence est originaire de Saintonge. Son père, officier de marine, étant mort jeune, elle a grandi en fille unique, auprès de sa mère. De son propre aveu, elle a connu une enfance difficile, voire malheureuse. Elle a choisi d’étudier l’économie pour s’établir dans la vie. Après son mariage, d’abord au château du Saussay, en Île-de-France, puis, à partir de 1969, à la Campagne du lion, dans le haut Var, elle révèle son vrai penchant, un amour foncier pour la nature et le travail de la terre. Cet amour chez elle, joint à un caractère passionné et à sa prédilection pour la musique, a fortement marqué son époux, ébranlant l’intellectualisme parfois trop poussé de celui-ci, le forçant à sortir de son habituelle réserve. L’homme pour qui « la fonction de la femme est d’assurer la liaison entre l’être humain et le cosmos » s’ouvre alors à une plus vaste dimension de vie. Il laisse s’épanouir tout le pouvoir du lyrisme et de l’imagination qu’il porte en lui, tout en s’initiant à l’observation des choses vivantes, concrètes. À côté de plusieurs de ses œuvres qui célèbrent la nature et ses éléments, son Journal fourmille de petites notations qui font ressortir la saveur du quotidien et les leçons qu’il dispense. Je vous cite pêle-mêle quelques brefs passages :

– « Les corneilles tournoient, jacassent, s’agitent en tous sens. Deux cents mètres plus loin, un hibou. Son immobilité me plaît. Réfléchir sans agir, plutôt qu’agir sans réfléchir. »

– « De retour à la maison. Laurence, de très bon matin, se rend à ses restanques. Elle y trouve un lapin broutant ses fleurs. Je ne sais lequel des deux fut le plus scandalisé de rencontrer l’autre. »

– « Le vieux berger, les mains posées sur son bâton, me dit : Voyez mon chien. C’est un briard que j’ai dressé moi-même. Vous n’en trouverez plus beaucoup comme celui-là. Dans la région presque tous les bergers sont des Polonais. Alors les chiens ne savent que le polonais. J’en ai eu un, on ne se comprenait pas. On a dû se séparer. »

– « La forêt se dérobe à la lumière et c’est ainsi qu’elle dure. Certes elle assimile les richesses du soleil, mais les transforme, les élabore, les conserve. Il y a une grande force dans ce retrait, dans ce recueillement. Je voudrais être un arbre, un arbre qui marche. »

– « Quelle joie, chaque année renouvelée, de cueillir ces olives et de les porter au moulin à huile ! »


Mais venons-en au thème central de Bourbon Busset. L’amour durable, ou l’amour absolu, une idée qu’il est fier d’avoir remise à l’honneur. De cette idée, d’aucuns peuvent se gausser, surtout à une époque, la nôtre, où l’amour entre homme et femme est plus que banalisé. Il lui a fallu du courage pour exalter non tant cet amour en soi que son caractère absolu, que sa durée. Il ne le fait pas au nom de quelque convention bourgeoise, ou d’une abstraite morale de fidélité ; il se base sur une expérience vécue, et sur l’observation d’une donnée fondamentale de la promesse de Vie, une donnée riche de virtualités et d’implications. Il est convaincu que l’univers vivant n’est pas fait d’un ramassis d’éléments disparates agissant aveuglément dans des rencontres de hasard. Le moteur essentiel de cet univers est une alliance créatrice fondée sur la loi de la différence et de la durée, cela depuis l’existence des particules jusqu’aux consciences les plus élevées. En homme de foi, il n’hésite pas à affirmer que Dieu est désir d’alliance.
Dans ce contexte, le couple se présente comme un don miraculeux, incarnant par excellence cette alliance dans la différence et la durée et qui, vécue authentiquement, loin de former un bloc statique, est une puissance créatrice. Il est tendresse inventive, dualité-complicité, processus renouvelant sans cesse la prise de conscience de ce qui advient, accomplissement qualitatif. Fondé sur la confiance et le long terme, le point de vue présent s’enrichit du précédent et enrichit le suivant. Un amour durable naît donc d’un effort constant pour associer stabilité et mouvement. La complicité favorisant le dévouement mutuel, chacun trouve toujours sa joie dans la joie de l’autre. La formule suivante résume sa conception : « Le couple aimant ne recherche pas une chimérique fusion. C’est l’expression de la dualité créatrice, de l’union dans la différence, de l’ardente alliance de deux libertés. » Car pour lui, je le cite encore, « une vraie liberté ne s’éprouve que face à d’autres libertés. Sinon, elle n’est qu’un mot vide. Et l’on ne peut mieux affronter une autre liberté que dans une relation qui engage durablement ». Se référant à Nietzsche qui dit : « Cœur attaché, esprit libre », il l’exprime à sa manière : « La liberté de l’esprit réclame la constance du cœur » ; « La rive est la chance du fleuve ». Par ailleurs, il affirme que « tout comme la liberté, l’absolu se vit aussi à deux ; l’absolu ne saurait s’éprouver que dans la constance. Le véritable absolu, c’est l’absolu d’un amour ». Et enfin, cette affirmation : « Chez un couple aimant, un plus un n’égale pas deux, mais l’infini. » Comment un Chinois n’adhèrerait-t-il pas à cette affirmation, lui à qui l’ancienne pensée chinoise enseigne qu’entre le souffle Yin et le souffle Yang, il y a le souffle du Vide médian qui les entraîne dans le processus d’interaction débouchant sur l’infini de la transformation.
À partir de cette conception de base, Bourbon Busset mène toujours plus loin ses réflexions. Pour lui, « ce qui est vrai pour une femme et un homme est vrai pour l’humanité ». Dans cette optique, « l’amour absolu est une vertu sociale. Le dynamisme de l’amour absolu fera régner la justice sociale. Il est le sacré que chacun peut vivre, et seul le sacré peut réellement triompher de l’injustice et de l’oppression ». Notre auteur prône une société qu’il qualifie de « hiérogamique » et qui met en valeur l’idéal du couple, lequel « s’oppose à la fois aux mysticismes de la fusion qui suppriment toute confrontation des différences, et aussi aux idéologies manichéennes qui transforment sans cesse la confrontation en affrontement. La formule de l’alliance dans la différence a ainsi une valeur thérapeutique au point de vue social et politique. Elle substitue la fidélité effective à la parole donnée et le respect de la différence au désir brut de domination ». De cette conception de l’amour découle son point de vue sur la France : « La vraie France est la France invisible. La puissance n’a rien à voir avec la puissance militaire, industrielle ou financière. Elle est intellectuelle et morale. Cette France invisible, la seule réelle, existe dans la mesure où elle défend les droits de l’esprit et, en premier lieu, la liberté de l’esprit, cela dans le respect absolu des valeurs communes. C’est la France de Hugo, de Péguy, de Zola et de Bernanos. Au moment de l’affaire Dreyfus, le chrétien Péguy et l’athée Zola étaient du même bord. Quand les Français renient cette France-là, il n’y a plus de France. » Et puis, dans son Journal, ce passage : « Il est temps pour la France de redevenir fidèle à sa vocation universelle. Elle n’est plus une grande puissance, mais le pire calcul serait la déchéance orgueilleuse du nationalisme. Elle doit militer pour l’instauration d’une autorité mondiale. »
Ici, il nous faut revenir à l’être intime de Jacques de Bourbon Busset. À écouter ce qui vient d’être dit, certains peuvent supposer qu’ils sont en présence d’un pur idéaliste. Or, personne n’est plus lucide, ni plus doué de sens critique. Il sait que, si la capacité d’un amour absolu est donnée à tous, bien peu savent le vivre. Lui-même dans sa jeunesse a fait montre de légèretés qu’il qualifiera plus tard de cyniques. « Je me croyais un petit don Juan. Je jouais au surhomme, alors que je n’étais qu’un grand niais. » « La dissociation entre plaisir et amour, je l’ai vécue à fond et y trouvais une âpre et âcre satisfaction. » Ici notre auteur parle sur un ton de repentance. Reste indéniable le fait qu’avec sa barbe finement taillée, frappant de ressemblance avec Henri IV, sa figure dégage un charme propre à remuer les cœurs féminins. Même au début de sa rencontre avec Laurence, ce n’était pour lui qu’une conquête parmi d’autres. Grâce à la passion sincère et entière de celle-ci, il a eu un jour la révélation que cette rencontre était la chance de sa vie. Au cours de plus de quarante ans de vie commune, une communion féconde et perpétuellement approfondie. Dans son Journal, il ne cache rien non plus des rares moments de tension ou de heurt. Ce qui lui fait dire que « dans l’amour d’un couple, trouver la distance juste est essentiel. Cela demande beaucoup de patience, de perspicacité et d’imagination, en un mot, d’esprit ». Il exalte le principe féminin caractérisé selon lui par l’esprit de la réceptivité, de la compréhension et de la capacité à relier. Écoutons cet aveu contenu dans le premier tome de sonJournal, La nature est un talisman : « En livrant mes sentiments, j’ai peur de paraître « bébête ». Peur de bon élève, d’enfant docile, persiflé par les malins. Pour me protéger de leur ricanement condescendant, je m’étais fait ironique. Je redoutais une étiquette. Elle tient en un mot : sensiblerie. J’ai passé une grande partie de ma vie à lutter contre cette apparence. J’ai affecté l’indifférence, la sécheresse, le cynisme, la brutalité. Maintenant, je n’ai plus de compte à rendre à personne, je n’ai plus de personnage à jouer. Je puis me laisser aller à mon penchant, sans craindre d’être taxé de faiblesse. Pourquoi ne pas le dire ? J’ai pitié, voilà le mot lâché. Le mot impardonnable. Et si j’aime Laurence, c’est aussi qu’à certains moments ses yeux me paraissent chargés de toute la souffrance innocente du monde et que je voudrais les consoler... Ce qui pousse un homme engagé dans le siècle à sortir de lui-même, à aller aux autres, à tous les autres, c’est d’avoir saisi, sur un visage, l’instant où le masque chavire et où surgit, dans un regard, le cortège immémorial des opprimés. » Oui, aller vers les autres. Il dira dans L’Audace d’aimer : « C’est dans le métro que je sens le plus profondément mon désir d’aller au secours. Debout, serré entre deux voyageurs, je lis dans les regards la détresse, la solitude, la peur. Le wagon éclairé nous emporte à travers le tunnel noir, vers un destin qui ne peut être que l’écrasement sur le mur ultime. Personne ne parle, chacun écoute le frémissement de la tôle, le fracas des roues, le battement de son propre cœur. Je voudrais libérer un de ces condamnés de son angoisse. Une pudeur stupide me fait garder le silence et j’ai honte de ma lâcheté… Grandit en moi un personnage qui désire prendre toute sa place. Je pense qu’être homme, c’est entendre les appels et leur répondre, si on peut. » On sait que Jacques de Bourbon Busset est mort accidentellement dans le métro. À présent, je ne peux pas être dans un wagon de métro sans penser à lui. Puisque nous sommes devenus frères en esprit, si je le voyais dans la foule, j’irai vers lui et, d’emblée en connivence, nous causerions indéfiniment. Je me rappelle une phrase de lui contenue dans l’émouvante Lettre à Laurence, écrite après la mort de celle-ci : « J’ai compris qu’il ne dépendait que de moi de te laisser t’éloigner ou de te faire vivre. » Je suis persuadé aussi que tant que je communie avec l’esprit de mon prédécesseur, comme je le fais ici maintenant, il ne mourra pas. Telle est d’ailleurs la leçon de l’Académie même, dont l’immortalité est fondée sur cet esprit de transmission les uns par les autres, une transmission qui, depuis son fondateur, le cardinal de Richelieu, ne s’est jamais interrompue et qui ne saurait connaître de fin.

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