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Condition humaine

Un peu de cinéma... pour une réflexion sur la condition humaine

57e Berlinale: "Lettres d'Iwo Jima", beau plaidoyer pacifiste signé Eastwood

Par Rebecca FRASQUET

BERLIN (AFP) - La 57e Berlinale (8-18 février) est restée fidèle à sa tradition de festival très politisé en dévoilant dimanche "Lettres d'Iwo Jima" où Clint Eastwood dénonce l'absurdité de la guerre, et "Good Bye Bafana" de Bille August, sur l'apartheid en Afrique du sud.

La Seconde guerre mondiale est au coeur de deux films américains, "The Good German" de Steven Soderbergh et "The Good shepherd" de Robert de Niro, déjà projetés dans le cadre de la compétition à la Berlinale qui a démarré jeudi.
"Lettres d'Iwo Jima", parmi les favoris aux Oscars, est le récit de la bataille de 1945 vue du côté japonais. Ce film de 2H21, nourri par une réflexion pacifiste, constitue le deuxième volet d'un diptyque entamé avec "Mémoires de nos pères" ("Flags of our fathers").
Tous deux racontent la même bataille sanglante, qui a fait près de 7.000 morts côté américain et 18.000 côté japonais, sur l'île d'Iwo Jima, aux confins de l'archipel nippon.
Si le premier film restitue le vécu des soldats américains et le retentissement de l'événement dans l'inconscient collectif aux Etats-Unis, le second est un récit détaillé des quarante jours de combats, bâti sur des lettres écrites par des soldats japonais.
Une photographie grise, aux reflets métalliques et une lumière crépusculaire, un cadrage serré sur les corps des combattants, qui restitue leur champ de vision partiel, unifient les deux films.
Eastwood met l'humain au premier plan, en alternant chronique intime et scènes de combat traitées avec sobriété, dénuées de tout caractère héroïque.
"J'ai grandi avec des films de guerre dans les années 40 où tout était matière à propagande. Dans tous les films, nous (les Américains) étions les bons et tous les autres étaient les méchants", a dit le cinéaste lors d'une conférence de presse.
"J'ai juste voulu raconter deux histoires différentes où il y a avait des bons et des méchants partout et juste dire quelque chose sur la condition humaine", a ajouté Clint Eastwood.

Autre film projeté dimanche à la Berlinale, "Good Bye Bafana" du Danois Bille August, avec Joseph Fiennes et Diane Kruger, raconte la naissance d'une amitié entre le plus célèbre prisonnier d'Afrique du sud au temps de l'apartheid, Nelson Mandela, et son geôlier.
Défenseur de la ségrégation raciale, embauché pour espionner son prisonnier car il parle xhosa comme lui, cet Afrikaner ordinaire se laisse gagner par l'admiration pour celui qui défend ardemment l'égalité entre Noirs et Blancs.
Le film est basé sur le récit du geôlier, James Gregory, publié après la fin de l'apartheid, mais qui a suscité la polémique car Mandela n'a jamais confirmé avoir été l'ami du gardien. Une controverse que le réalisateur Bille August a choisi d'ignorer, comme il l'a expliqué dimanche en conférence de presse.
Quant à l'acteur américain Dennis Haysbert, qui joue le héros anti-apartheid, il a confié que "le plus important pour lui" était que Mandela, à qui une copie du film a été envoyée, apprécie l'oeuvre.
Troisième film en compétition, "In memoria di me" de l'Italien Saverio Costanzo, relate également la privation de liberté, mais choisie celle-là, d'un jeune novice à la recherche d'un sens à donner à sa vie dans une communauté jésuite où le silence est d'or.
Le héros de ce film long et à l'atmosphère lourde, Andrea (Christo Jivkov), emprunte dans ce cloître un parcours semé d'embûches pour accéder à une "libération intérieure" et découvrir s'il est capable d'incarner l'amour que Dieu porte aux hommes. Pour Costanza, "ce n'est pas un film religieux, mais sur la lutte de chacun pour prendre une décision. Mes personnages se posent les mêmes questions que moi sur les choix à faire".

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